Vous trouverez sur ce blog, au fil des jours et des mois, les oeuvres réalisées par le Maitre Calligraphe Shi Bo, ainsi que les stages qu'il propose, ses livres numérotés et autres parutions, ses commentaires ....... Que la visite vous soit un enrichissement.
L'administratrice : Sérénité'art

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lundi 8 mars 2021

LE MOINE IVROGNE HUAI-SU - 2

 ... S’aider des célébrités


L’ivresse n’a pas érodé sa lucidité ni son bon sens de la

vie. Le jeune moine aimait fréquenter les gens au pouvoir et les célébrités de l’époque.

Il contacta le préfet de sa région, le fonctionnaire d’état Wang Yong qui  le recevait volontiers dans son bureau, appréciant son style fou de la belle calligraphie. Car ce fonctionnaire était lui-même un important calligraphe de l’époque. Au bout de quelques années d’excellente entente, le préfet composa un poème intitulé « Ode au caoshu de l’ermite Huai-su », le couvrant de mots élogieux !

Rapidement Huai-su ne se contenta plus de sa renommée limitée aux alentours de son district. Il quitta son village et vint vivre dans l’importante ville culturelle Hengyang de la province du Hunan. Il fréquentait des lettrés connus, leur montrait ses œuvres calligraphiques appréciées de tous. Très rapidement son nom courut sur toutes les lèvres à travers la province du Hunan. Par ses contacts avec d’autres calligraphes, il se rendit compte de la faiblesse de ses traits brisés et de la lourdeur de ses traits arrondis. Il apprit aussi le principe selon lequel, les traits n’étaient en fait que le reflet des brindilles d’herbe et des chutes d’eau de montagne. Il commença donc à observer plus attentivement les roseaux dénudés, les bambous de fin d’hiver et les arbres d’automne… son esprit fut frappé par cette nature épurée par le froid et le vent qui emportaient toute la décoration (feuilles, fleurs ) de la nature qui, donc, ne gardait que l’essentiel (tige, branche, brindille ). D’où naquit l’abstraction de sa calligraphie au caoshu extravagant .


Qui aidait Huai-su ?


朱遥 Zhu Yao fut un personnage très important pour que  rayonne dans l’empire des Tang le caoshu extravagant de Huai-su. Grand lettré et ermite bien connu dans la province du Hunan, Zhu Yao faisait l’éloge de ce style calligraphique dans les hauts milieux de la culture. L’alcool aidant, ces deux intellectuels s’entendaient parfaitement et faisaient souvent danser leur pinceau sur le même papier de riz. Zhu Yao allait les exposer dans son salon fréquenté par les célébrités littéraires et artistiques. Huai-su fut ainsi pompeusement introduit dans la haute société provinciale.

Un jour, Zhu Yao dit à Huai-su : « Maintenant tes deux ailes sont déjà bien fermes, tu dois voler vers un horizon plus lointain et plus large : tu vas pouvoir te débrouiller dans la capitale Chang An. »


张谓Zhang Wei fut le deuxième personnage qui aida beaucoup Huai-su dans son envol vers le sommet de sa gloire.

Zhang Wei, important poète et calligraphe de l’époque, avait une fonction prépondérante à la cour impériale : il assuma pendant des années les fonctions du ministre des Rites de la dynastie des Tang. En l’an 767, alors qu’il était   préfet du Hunan, il recevait souvent chez lui Huai-su pour boire abondamment de l’alcool et puis pour pratiquer ensemble la calligraphie dans une grande ivresse. Les deux ivrognes s’appréciaient intimement. 

Quand Zhang Wei fut appelé par l’empereur au ministère des Rites, il emmena donc son ami Huai-su avec lui et l’installa dans une grande maison à Chang An capitale de l’empire. On voyait la silhouette de Huai-su à toutes les fêtes organisées dans le grand salon de reception du ministre. Le calligraphe extravagant brillait alors au firmament de l’empire céleste. Les historiens d’alors n’hésitaient pas à dire que la capitale impériale était balayée par la « tornade de l’extravagance de Huai-su ».

Des années plus tard, dans son livre intitulé « Modèle calligraphique  d’auto-biographie » 

《自叙帖》

Huai-su remercia plusieurs fois ce ministre « bienfaiteur ».

En effet, la vie à Chang-an marqua une nouvelle étape de sa calligraphie . Promu par son ami ministre, Huai-su put rencontrer les plus grands calligraphes de l’empire, et admirer leurs œuvres dans tous les styles, par exemple, c’est chez un collectionneur connu qu’il put voir des manuscrits du roi de calligraphie Wang Xizhi 王羲之 ainsi que ceux de son fils Wang Xianzhi 王献之 ce qui l’impressionna énormément.

Wang Xiangzhi


Wang Xizhi
 

                                                                                                                                (à suivre...-)

lundi 6 août 2018

CE MYSTERIEUX LANTINGXU DE WANG XIZHI 王羲之的兰亭序之谜 - 3

Préface au Recueil du Pavillon Lanting

Les 324 mots de ce rarissime texte furent calligraphiés par le Saint Calligraphe Wang Xizhi sur la soie, avec un pinceau fait de moustache de blaireau. Très ému et enthousiaste, ivre de la senteur du printemps, l’auteur était alors au sommet de son art esthétique et s’exprimait au gré de la danse gracieuse du pinceau ; il créa ainsi un chef-d’œuvre qui ne fut jamais égalé .

L’empereur Taizhong était un collectionneur passionné des œuvres du grand Maître Wang Xizhi, il possédait 290 feuilles du kaishu de Wang  (marouflées en 70 rouleaux), et 2000 feuilles de l’herbe folle du maître (marouflées en 80 rouleaux).


Autre extrait d'une Calligraphie de Wang Xizhi : Les dignitaires provinciaux - style cursif.
 Mais le monarque n’avait jamais possédé la Préface au Recueil du Pavillon Lanting.
L’empereur Taizhong rêvait de mettre la main sur ce chef-d’œuvre, il proposa un prix astronomique pour l’acheter, pourtant les descendants du maître refusaient toujours le lui céder.
En colère, l’empereur envoya donc des membres de la garnison du palais impérial pour arrêter le moine Zhiyong 智永和尚 qui se cachait dans une grotte dans la province du Zhejiang, Est de la Chine.
Les pourchasseurs trouvèrent enfin ses traces et envahirent la grotte, mais ils n’y trouvèrent toujours pas la Préface au Recueil du Pavillon Lanting.
Le moine se suicida.
Ainsi furent perdues à jamais les traces de la Préface au Recueil du Pavillon Lanting.

Modèle infiniment apprécié

La Préface au Recueil du Pavillon Lanting est considérée par tous les calligraphes comme le meilleur modèle à imiter et copier. 
De génération en génération, les calligraphes grands et petits passent inlassablement par l’imitation du style de cette Préface. Et au fil de l’histoire, on arrive à créer de nombreuses belles œuvres de ce texte.
Les collectionneurs apprécient beaucoup cette succession de créations calligraphiques, ils se font un plaisir d’en posséder plusieurs, ce qui encourage les calligraphes à continuer la création artistique en copiant la Préface au Recueil du Pavillon Lanting.


J’ ai moi-même calligraphié un grand nombre de fois la Préface dont une des premières copies est maintenant au Palais de la culture de la jeunesse de Shanghaï.

Récemment, j’ai calligraphié cette œuvre en plusieurs exemplaires sur le somptueux papier-soie doré, et luxueusement marouflés dans le style traditionnel chinois. Ces oeuvres d’art calligraphique sont maintenant chez moi, et tous ceux qui se passionnent pour l’art chinois sont les bienvenus pour les lire, les regarder et les admirer. 
(fin).