Vous trouverez sur ce blog, au fil des jours et des mois, les oeuvres réalisées par le Maitre Calligraphe Shi Bo, ainsi que les stages qu'il propose, ses livres numérotés et autres parutions, ses commentaires ....... Que la visite vous soit un enrichissement.
L'administratrice : Sérénité'art

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dimanche 11 août 2019

DIALOGUE CALLIGRAPHIQUE 5 -

Parlons de "shan shui hua" 
问答山水画
(3) ...

Léa A : L'état mental de l'artiste a t il une importance?

Shi Bo

Shi Bo : Il est primordial. Chaque œuvre doit exprimer une volonté, un désir, une passion, en un mot, c’est une procédure de recherche mentale, sentimentale, spirituelle. L’esprit de l’artiste décide de tout concernant l’œuvre.

Léa A : Toutes ces questions te paraissent sans doute étonnantes ou même idiotes ! mais je me  les pose souvent....
Alors, d'autres personnes  peuvent aussi se les poser!

Shi Bo : Ce ne sont pas du tout les questions idiotes comme tu le dis. Il s’agit là de l’essentiel de shan shui hua qui se lit non seulement par les traits noirs, mais surtout par les petits et grands espaces blancs que l’artiste aménage intelligemment sur le tableau.
J’aimerais ajouter un mot sur les espaces blancs du shan shui hua. Comme en calligraphie, les blancs (vides) sont une expression plus intense, plus profonde, plus imaginaire que les traits noirs. Souvent ce sont ces petits ou grands espaces qui cachent le parfum du mystère que tu ressens. Si le premier plan et le dernier plan du tableau sont trop remplis de traits noirs, les lecteurs se sentent étouffés, écrasés.
Prenons la cascade pour exemple : sur un shan shui hua, si tu aménages une ou deux cascades en blanc, ton tableau prend immédiatement vie, car ces espaces blancs donnent beaucoup de mouvement et de respiration au tableau et font même entendre le grondement de la chute d’eau. Un vrai mystère !

Shi Bo

Léa A : A propos des shan shui hua, j'ai aussi une question concernant le poème. Est-ce la peinture (finie ) du paysage qui déclenche la création du poème par l'artiste?  Ou bien inversement, le poème est-il écrit avant la création de la peinture shan shui, et ainsi l'artiste peint en interprétant le poème?  Ou bien, le poème peut- il être écrit par un autre artiste ? (différent du peintre ) 

Shi Bo : Les trois cas que tu cites sont possibles. Souvent le peintre est l’auteur du poème, mais on peut aussi peindre selon l’image d’un poème écrit par un poète. L’empereur Qianlong de la dynastie des Qing, grand lettré et poète de l’époque, aimait composer et calligraphier ses poèmes sur des œuvres picturales qu’il collectionnait abondamment. J’ai moi-même eu l’occasion de calligraphier mon poème sur une peinture d’un ami peintre shanghaïen qui avait exposé à Paris.

Léa A : Merci pour toutes ces explications précises et précieuses !

Shi Bo : C’est un grand plaisir pour moi de parler de ce sujet.

mardi 30 juillet 2019

DIALOGUE CALLIGRAPHIQUE 5 -

(2)
....Parlons de "shan shui hua"
问答山水画


Léa A : Y a t il un ordre précis à respecter dans le processus de création ?

Shi Bo : Chaque maître a sa propre procédure. Par exemple, Shi Tao (石涛) aimait peindre d’abord le grand contour  ( peindre l’immensité ) pour encadrer les détails ( exprimer la profondeur ) qui suivaient , alors que Zhang Daqian ( 张大千 ) commençait souvent par les détails pour finir par des coups de pinceau sur le contour du tableau. Mais ce n’est pas toujours cette règle qui régissait leur pinceau, chacun pouvait aussi procéder inversement.


Léa A : Quels éléments doivent être présents dans ces peintures de shan shui hua ? 

Huang Bijong - cliquer sur l'image pour l'agrandir
Shi Bo : Comme son nom l’indique, shan shui hua est une peinture sur la montagne et l’eau qui y sont donc deux éléments indispensables 
Montagne : elle peut y figurer sous forme de rocher, de haut sommet lointain enveloppé par des nuages ou des brumes, ou bien d’un contour flou sur le dernier plan du tableau
Eau : qui donne la vie et le mouvement au tableau, elle peut être une étendue d’eau, un lac, une rivière, un fleuve, un ruisseau, une cascade (chute d’eau), ou bien même la pluie ou la neige…
A part la montagne et l’eau, on peut y ajouter des arbres, des oiseaux, des sentiers reliés par un pont en bois, et une petite maison ou un pavillon entouré d’arbustes. Sur l’étendue d’eau, on peut aussi dessiner des barques, un ou deux pêcheurs, etc.
Les tableaux de shan shui hua présentent toujours plusieurs plans :
le premier plan est le paysage le plus proche des yeux de lecteurs ; le deuxième plan est le plus en vue et occupe la plus grande superficie du tableau ; le troisième plan décrit les éléments lointains, les lignes ou les points du pinceau sont plus fins et plus flous ; le quatrième plan décrit l’immensité qui suscite la méditation des lecteurs dont l’imagination peut galoper dans cette immensité infiniment lointaine et floue.

Léa A :L'artiste, peut-il se laisser aller à des fantaisies ? Ou doit-il peindre de façon académique les arbres, les rochers, les cascades.   ?

Shi Bo : Sur le plan de technique, l’artiste doit suivre les règles mille fois prouvées efficaces par nos anciens. Par exemple pour peindre des bambous, les feuilles et le corps du tronc ont été minutieusement étudiés par nos anciens, il vaut mieux les suivre pour ne pas faire fausse route. Quant à l’état d’âme que l’artiste veut exprimer, il peut donner libre cours à son imagination et à ses fantaisies. Il s’agit là de la vraie création artistique.
Je vis depuis plus de trente ans parmi des artistes européens, je vois souvent que dès le début on veut déjà exprimer des fantaisies au lieu d’apprendre les techniques de base sur les traits, les points, les plans et la disposition des éléments du tableau. Cela est diamétralement opposé au chemin traditionnel chinois d’apprentissage. Mais on est libre, je ne suis pas contre cette liberté.
(à suivre.......)

jeudi 18 juillet 2019

DIALOGUE CALLIGRAPHIQUE 5 -

Parlons de "shan shui hua"
问答山水画
(1)
Léa A :  Vous savez que j'adore les shan shui hua !  Je les aime car elles sont mystérieuses. Dans les dialogues calligraphiques, pouvez-vous prendre ma question pour parler plus en détails des shan shui hua? 

Shi Bo : Oui, bien sûr. Shan shui hua est un vaste sujet. Je ne la pratique plus depuis que je suis en France, car je ne trouve plus l’inspiration environnante. Mais tu peux me poser des questions concrètes auxquelles j’essayerai de répondre autant que je peux.

Léa A : parlez-moi tout d’abord des problèmes concrets : le support, la taille ,la technique de ces peintures à l'encre.

Shi Bo : Pour tous les peintres chinois traditionnels, le support n'est autre que le papier de riz qui absorbe et diffuse parfaitement l’encre. 
Certains peintres, tels que Zhao Wuji - 赵无极- (Plus connu en France sous le nom de Zao Wou-Ki) essaient de combiner la peinture chinoise à la peinture occidentale, ils utilisent d’autres supports .
ZHAO WUJI (赵无极)- ici une peinture sur toile de très grande dimension

A propos de la taille, aucune règle n’existe, chacun peut choisir la dimension de son œuvre. En principe, shan shui hua se déploie verticalement ou horizontalement. Verticalement pour exprimer la profondeur de shan shui ( 山水- montagne et eaux) et horizontalement pour montrer l’immensité de shan shui.
Ce paysage de Shen Zhou : "vivre. dans les monts Fuchan " (1347/1350) mesure 33 x 885cm - Il est exposé à Pekin au Musée de la Cité Interdite. (La peinture Chinoise ed. Hazan)

Quant à la technique des peintures shan shui, c’est très compliqué et il est difficile de traiter ce sujet en quelques mots seulement. Ceux qui enseignent cette peinture en France ont chacun leur technique, il faut les suivre pas à pas durant des années. C’est un investissement de longue patience.

Léa A : Y a t il un ordre précis à respecter dans le processus de création ?

Shi Bo : Chaque maître a sa propre procédure. Par exemple, Shi Tao (石涛) aimait peindre d’abord le grand contour  ( peindre l’immensité) pour encadrer les détails ( exprimer la profondeur ) qui suivaient , 
Shi Tao - A l'écoute du ruisseau à donglu

alors que Zhang Daqian ( 张大千) commençait souvent par les détails pour finir par des coups de pinceau sur le contour du tableau. Mais ce n’est pas toujours cette règle qui régissait leur pinceau, chacun pouvait aussi procéder inversement.
Zhang Daqian ( 张大千)
                                     (à suivre...)

vendredi 26 avril 2019

DIALOGUES CALLIGRAPHIQUES 3 - Fin de l'article

(Suite et fin de l'article)

La peinture shan shui hua  et la poésie shan shui shi  constituent un chant lyrique du silence-repos. Les grandes figures dans ce domaine considéraient comme un devoir incontournable et noble de décrire, peindre et suggérer ou énoncer le silence du paysage, de la vie de reclus, sous tous ses aspects …

     Elisabeth F : C’est-à-dire…
     Shi Bo : Voici quelques éléments primordiaux :

Paysage lointain(远景) : qui transporte l’âme vers un horizon lointain sans trace humaine, sans tracas quotidien, une contrée féerique sereine et apaisante, un endroit limpide qui peut laver le cœur de toutes les impuretés de notre monde matériel ;
Vie oisive (闲适): qui encourage à se détacher des intérêts matériels et mondains et à rester serein pour scruter la vérité de la vie humaine ;
Harmonie (和谐) : harmonie entre la nature et l’homme, entre le yin et le yang, entre l’extérieur de soi-même et son intérieur, harmonie qui guide les gens dans la recherche de la paix dans l’âme et du repos dans l’esprit. Cette harmonie nous aide à trouver la bonne place de l’être humain dans notre univers ;
Eau limpide (清流) : qui a le mérite de mettre en valeur la pureté spirituelle qui manque cruellement aux êtres humains. La peinture de l’eau et la poésie sur l’eau donnent la fraîcheur, réveillent la conscience sur la bonne conduite et insufflent une limpidité dans notre âme ;
Lieu sauvage (荒野) : qui incarne la vérité sur l’harmonie du yin et du yang de notre univers et l’aspect original de la nature où l’homme doit vivre ;
Climat froid (寒冷) : qui pourrait rafraîchir l’esprit « perturbé » par les considérations mondaines et égoïstes, et invite les gens à garder la tête sereine devant toutes les séductions matérielles et l’emprise du pouvoir ;
Solitude (孤寞) : qui, considérée comme un exceptionnel privilège par les maîtres de culture de l’âme dans la sérénité, est bénéfique pour cultiver la grandeur de l’âme et la pureté de l’esprit à travers un paysage (un univers) peint ou décrit où règne le silence.

Illustration de la poésie des Tang par Shi Tao - (Extrait de : Shi Tao le précurseur)
L’esprit d’ermite (居士或隐士意识 )
Elisabeth F : Parmi ces ermites qui se retirent au fin fond des montagnes ou de la campagne, les plus célèbres sont Tao Yunaming ; Han Shan et Wang Wei , n’est-ce pas ?

     Shi Bo : J’y ajoute Shi Tao ( 石涛 ), Huai Su ( 怀素 ), Zhi Yong.( 智永 ) qui sont aussi très importants. Avec leurs créations en peinture, poésie ou calligraphie, ils ont beaucoup contribué à la fondation de l’esprit d’ermite.
Depuis l’Antiquité, les Chinois portent en haute estime l’esprit d’ermite et cet esprit a traversé d’innombrables épreuves pour devenir le cristal des trois courants de pensée chinoise : le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme. Résultat : tous les grands auteurs ou presque de shan shui hua et de  shan shui shi finirent par élire domicile au fond d’une montagne reculée ou bien au bord d’un cours d’eau isolé. La montagne et l’eau occupaient forcément leur esprit, par conséquent leurs créations. Et au fil du temps, l’âme chinoise s’imprégna du profond silence séculaire et de la sérénité solitaire, ce qui d’ailleurs constitue un des aspects du caractère national des Chinois.

Comment forger cet esprit d’ermite ? Chacun de ces trois courants idéologiques que nous venons d’évoquer a sa méthode pour lutter contre ce fameux « moi » qui est à l’origine de l’agitation, de l’avidité et du désir du monde mondain :

Le maître Confucius préconisait  le Ren (忍), la retenue du  « moi » (克己 ) pour réaliser l’harmonie médiane ;
Le fondateur du taoïsme Lao Tseu encourageait « l’oubli du moi » (忘我) pour atteindre l’harmonie céleste ;
Le bouddhisme mettait avant tout le « non-moi » (无我) pour jouir du Nirvana.
La lutte contre le « moi » n’est pourtant pas suffisante pour réaliser la sérénité dans l’âme. Ce qui est aussi important dans cette lutte, c’est de lutter contre ce monde séculier. C’est pourquoi les peintres et les poètes chinois chantent toujours le bonheur de se détacher du monde poussiéreux d’où est née une conception dite « sortir du monde séculier » (出世,脱世) , essence de l’esprit d’ermite. Ce qui explique la nostalgie de grands lettrés chinois pour la nature sauvage et pour le lieu solitaire que  l’on rencontre fréquemment dans leurs créations picturales et poétiques.

     Elisabeth F : Ce que vous venez de me dire est très instructif . Le monde actuel a besoin de cet esprit d’ermite.

     Shi Bo : Oui, Depuis l’Antiquité, les Chinois glorifient les ermites et les lettrés de haute compétence se réclamant de l’esprit d’ermite, se donnant souvent le plaisir de s’offrir un titre d’ermite, par exemple « ermite Montagne froide », « ermite Colline de l’Est », « ermite Vieillard errant »,  « ermite Lotus bleu », « semi-ermite Champ vert », « ermite Montagne parfumée », « ermite Six-Un », « ermite Pureté-Vérité », « ermite Roche blanche », « ermite Facilité-Tranquillité », etc. Grâce à leurs créations picturales-calligraphiques-poétiques, ils ont contribué à façonner la pensée chinoise dans cet esprit d’ermite caractérisé par le silence-repos, la sérénité dans l’âme, le calme dans l’esprit, le sang-froid dans l’action ... La conception du silence est donc devenue ancestrale dans la pensée chinoise.
Le monde contemporain a besoin du silence ; shan shui hua et shan shui shi pouvent nous offrir un havre de silence et de sérénité susceptible de lutter efficacement contre le stress et l’angoisse dont nous sommes quotidiennement victimes.

     Elisabeth F : Je sais que vous êtes prolifique en calligraphies et en livres. Est-ce que vous avez des livres sur le sujet qui nous concerne aujourd’hui ?

     Shi Bo : Oui, je fais des calligraphies en rouleau dans le style « léger », la lecture ou la contemplation de ce genre de tableaux calligraphiques apaise et invite à entrer dans la sérénité. Quant aux livres, j’en ai préparé deux : le premier est un recueil de cinquante poèmes sous le titre de « Le chant du silence », illustrés par mes calligraphies. Il en reste encore un seul exemplaire disponible . Le deuxième est un recueil en cahier impérial, il regroupe dix poèmes sous le titre de « Dix poèmes contemplatifs ». il sera bientôt prêt.

     Elisabeth F : Je suis ravie de notre conversation très instructive et Je vous en remercie chaleureusement !


    Shi Bo : Merci à vous.

dimanche 18 mai 2014

PEINTURE : LES RAISINS

Détail du tableau
 当葡萄熟了的时候
Shi Bo - peinture de raisins

au moment où murissent les raisins

vendredi 25 avril 2014

PAYSAGE DE PRINTEMPS

Shi Bo : detail / paysage de printemps
Shi Bo : detail / paysage de printemps
Shi Bo : detail / paysage de printemps

Shi Bo : paysage de printemps

vendredi 18 avril 2014

ANNEE DU CHEVAL : C'EST L'HISTOIRE......

C'est l'histoire d'un ami, qui attend une petite-fille pour fin mai, 
et qui s’est adressé a moi. 
Il m’a demandé de lui créer  “quelque chose” pour célébrer cet  événement.
 J'ai donc pensé, puisque cette enfant naitra dans l’année du cheval, 
 à réaliser un cheval céleste au galop. 
馬mǎ
J'ai pris le pinceau , et laissé courir mon imagination : le mot mǎ s’est transformé en cheval céleste caracolant..... l'effet est bon, j'en ai donc créé une série ! 

Mon ami a eu son petit cheval céleste pour fêter l'heureux événement, quand au reste de ce petit troupeau, que vous voyez s'ébattre ici : il a trouvé son hébergement  dans les vertes collines de Bourgogne !

Calligraphies de Shi Bo -  collection privée de Martine Sbolgi-Guinet

jeudi 20 mars 2014

PRINTEMPS ETERNEL

Peinture de Shi Bo  - cliquer sur l'image pour l'agrandir.

春长在
CHUN CHANG ZAI
Détail : prunier

dimanche 12 janvier 2014

HAN MO - LITTERATURE/OCCUPATIONS DU LETTRÉ (composition-calligraphie - peinture)

Excellent peintre de paysage, Huang Ding savait imiter à la perfection les anciens.  Il allait par monts et par vaux et, dès qu’il apercevait quelque chose d’insolite, il le peignait.
titre de l’oeuvre : l’éclat du brouillard dans les montagnes à l’aube.
(technique du pinceau à sec dans le style de Wang Yuanqi)
Cette oeuvre illustre assez bien les pratiques du lettré.
Huang Ding - 1660/1730- dynastie Qing

 翰墨
Littérature / occupation du lettré 
(composition, calligraphie, peinture etc....)

SHI BO : calligraphie originale.

mercredi 31 juillet 2013

BON VOYAGE

Sur cette peinture, on découvre Fuxi, qui (avec Nüwa) est considéré dans les premiers récits mythiques chinois comme l'ancêtre des humains. Il enseigna aux hommes la pêche, la chasse, l'élevage et créa les huit trigrammes. Ce "portrait" le représente à l'image d'un Empereur Chinois. 
Les huit trigrammes et une tortue  figurent également en bas de cette peinture, symboles qui placent Fuxi en héros civilisateur. 
Cette oeuvre a été exposée à Paris, lors de l'exposition "la Voie du Tao".
Ma lin en est l'auteur - époque Song.

Carte éditée par Shi Bo - 2000
Puisque nous sommes en période de grands déplacements, je vous propose ici :
 le quatrième Ba Gua du Yi-King : Qian, présage un bon voyage. 

dimanche 2 décembre 2012

CHANT DES TIGES DE BAMBOU

"Avant de représenter un bambou, laisse le croitre en toi !"
Oeuvre de Shi Bo - Cliquer pour agrandir
le vent limpide nous envoie le parfum

“Lorsque Yüke peignait un bambou,
Il voyait le bambou et ne se voyait plus :
c’est peu de dire qu’il ne se voyait plus ;
comme possédé, il délaissait son propre corps.
Celui-ci se transformait, devenait bambou,
Faisant jaillir sans fin de nouvelles fraicheurs.
Zhuangzi, hélas, n’est plus de ce monde !
Qui conçoit encore un tel esprit concentré ?”

Su Shi 1035-1101

Peinture de Shi Bo - collection privée : MSG


Détail ; 
xīn  rú qīng zhú    - tel le coeur du bambou


jeudi 15 novembre 2012

PAYSAGE : LIEU PROPICE A CULTIVER COEUR ET ESPRIT

 "Montagnes et eaux" doit être entendu comme paysage, à savoir la peinture de paysage.
La technique du pinceau et de l'encre s'apprend à travers les décors des montagnes et des eaux.
Le yin et le yang, l'épaisseur et la pâleur expriment l'esprit des montagnes et des eaux.
Les rivières et les nuages rassemblés ou dispersés constituent le lien des montagnes et des eaux.
Shi Bo -oeuvre  originale
Le repli et le jaillissement, le vis à vis et le dos à dos manifestent les mouvements  et le retrait des montagnes et des eaux ....."
La maison de l'ermite
                              Shi Tao - extraits de "la Voie du Pinceau" - Montagnes et eaux - chapitre 8 - Traduction de Shi Bo..

mercredi 19 septembre 2012

UNIVERS DE SILENCE, ABSOLU........

          Par un  jour de grand froid de janvier 1987, 
j’appris le départ éternel de mon vieil ami Ermite "Horizon Serein", qui mourut de froid.
 Horizon Serein fut en Chine un grand maître de philosophie, de calligraphie et de peinture. Sa disparition est une grande perte, surtout pour moi, car  j’avais passé avec lui  des jours laborieux, dans son atelier ombragé de bambous et de pins. Ses conseils me furent toujours très précieux.
Shi Bo : detail de la peinture - la hutte


          Lorsqu’il trepassa, je me précipitai dans le premier bus qui desservait le village « Ombre Invisible », dans la montagne, au sommet de laquelle, Horizon Serein, avait construit sa hutte d’ermitage :  je voulais le voir une dernière fois.
Shi Bo : detail de la peinture - le sentier qui longe le fleuve

     Après une cérémonie qui ne  dura qu’une vingtaine de minutes, je longeai le sentier qui descendait au bord de la  rivière où j’avais eu avec lui des conversations très constructives sur la poésie, la peinture, la calligraphie et la musique.
      La nature était recouverte d’un blanc manteau. La  rivière gelait :  aucun murmure d’eau, ni cri d’oiseau. La barque désertée par mon ermite semblait « éteindre » à nouveau  son souffle. 
Shi Bo : détail de la peinture - la barque

Devant ce spectacle figé, je murmurais avec un pincement au coeur, le célèbre poème de Liu Zhongyuan (773-819) : 
Fleuve enneigé
        Durant  de nombreux jours, je me sentis étouffé, mal à l’aise. J’errais  dans mon atelier, je voulais faire quelque chose pour rendre hommage à l’ermite. Enfin je me  décidais à peindre ce paysage  figé. D’où le titre du tableau :
 « Univers de silence, absolu » - 
Le silence est la plus forte vibration du coeur
Shi Bo : la peinture dans son entier.

             On y voit : au  troisième plan,  une série de monts blancs rivalisant de hauteur et de splendeur, au premier plan,  la crique avec la barque vide, qui évoque l’ermite à jamais parti et entre les deux, quelques maisons basses, dont sa hutte.


             J’ai renforcé le blanc qui fait référence  à la limpidité et à l’honnêteté d’ Horizon Serein.

        Trois jours de travail intense ont abouti à ce tableau où j’ai versé toute mon amitié et ma profonde pensée pour cet ami que j’ai connu pendant mes années douloureuses (Révolution Culturelle).



          Qu’il trouve le repos, tranquille, dans cette nature éternellement pure !
(dans le prochain post, le poème de Liu Zhongyuan)