Vous trouverez sur ce blog, au fil des jours et des mois, les oeuvres réalisées par le Maitre Calligraphe Shi Bo, ainsi que les stages qu'il propose, ses livres numérotés et autres parutions, ses commentaires ....... Que la visite vous soit un enrichissement.
L'administratrice : Sérénité'art

samedi 12 septembre 2020

APPRENDRE TOUT SEUL LA CALLIGRAPHIE - 2

 (suite....) 

观察 ) 


 

Corinne P. : Pourriez-vous dire quelques mots sur cette observation 观察  si importante ?

 

SHI Bo : Volontiers !

Imaginons que devant toi tu as une œuvre de ton professeur à imiter, d’abord tu la regardes dans son ensemble sans entrer dans les détails, cela te permettra d’avoir une vue d’ensemble organique et esthétique du tableau, cette vue te fera sentir le battement du pinceau du professeur : il est lent ou rapide, il est calme ou angoissé, tu devras sentir le battement du cœur de l’ouvrage, donc le battement du cœur du maître. Et puis, tu observeras chaque mot dont les traits sont liés ou croisés, raccourcis ou allongés, rapprochés ou espacés. Surtout il faut être très attentif à chaque méandre des traits, car ces méandres sont précisément des techniques personnelles de chaque grand calligraphe. Ton regard suivra tous les méandres des mots plusieurs fois de suite, d’abord lentement et puis de plus en plus  rapidement. Au fur et à mesure, tu pénétreras le secret de ton professeur dans ses méandres calligraphiques. Résultat : tu respireras comme ton maître, ton pinceau dansera au même rythme que son pinceau.

 

Corinne P. : Ah ! tout ce que vous avez dit me paraît très important et très intéressant. Durant les cours par correspondance, les élèves ont le temps d’observer et de pratiquer. L’observation dont vous avez parlé me semble très utile pour réussir l’exercice tout seul à domicile. Dans la pratique, vous m’avez conseillé de faire des répétitions sur différentes dimensions. Pourriez-vous m’expliquer un peu cet exercice ?

 

SHI Bo : Avec plaisir. Pourquoi dois-tu faire des exercices en différentes dimensions ? En un mot, c’est pour acquérir la bonne conception et la bonne pratique de l’espace de l’œuvre. Chaque modèle calligraphique fourni par le professeur est en réalité une œuvre bien agencée. 

 布局 




Je m’explique : l’agencement ( 布局  ) de l’œuvre concerne les dimensions différentes des mots, il est bien variable, en d’autres termes, dans une belle œuvre en xingshu, les idéogrammes ne doivent pas se présenter sous la même dimension. De façon générale, le premier mot et le dernier mot doivent être un peu plus grands pour marquer le départ (premier mot) et la solide base (dernier mot).

 

Pour ceux qui suivent des cours par correspondance, ils doivent bien observer d’abord la dimension de chaque mot, et puis l’épaisseur de chaque trait. Quand ils ont dans la tête une image claire de chaque trait et de chaque mot, ils cherchent à les imiter le plus près possible du modèle.  Cette imitation est répétitive jusqu’à ce que tous les mouvements du pinceau deviennent spontanés et naturels.

 

Corinne P. : Justement cet exercice patient et répétitif  me manque, car lorsque j’imite le modèle, j’ai toujours l’intention d’aller vite au but.


 欲速则不达


SHI Bo : C’est ce qu’on dit en chinois : 

欲速则不达

plus on se dépêche, moins on réussit. 

N’oublie pas que l’apprentissage de la calligraphie est un processus patient, long et répétitif.

 

Corinne P. : Oui, je vous comprends bien, d’ailleurs vous m’avez répété souvent ce principe primordial pour tous ceux qui veulent avancer sur ce long chemin. 

(à suivre)

 

mercredi 2 septembre 2020

APPRENDRE TOUT SEUL LA CALLIGRAPHIE

  话说自学书法


(自学书法)

Corinne P. : Depuis mars dernier, je suis des cours de calligraphie par correspondance ( 函授 ). C’est difficile, exigeant et je me demande souvent comment je pourrais progresser sans professeur à mes côtés pour me corriger.

 

函授 )

SHI Bo : Travailler tout seul la calligraphie est une façon d’apprendre, elle permet tout aussi efficacement de progresser. Surtout pour ceux qui ont déjà une base calligraphique.

 

Corinne P. : Mais je trouve que cette procédure est difficile, pour ne pas dire impossible…

 

SHI Bo : Difficile, oui, mais pas impossible. Difficile, parce qu’on ne connaît pas bien la structure de chaque idéogramme qu’il faut déchiffrer soi-même, et puis, parce que certains détails peuvent échapper à notre attention alors que ces détails sont souvent importants et essentiels pour imiter le modèle calligraphique du professeur.

 

Corinne P. : Notamment dans le xingshu, les traits sont souvent liés, ils sont tantôt épais, tantôt fins , et même très secs, il m’est difficile de suivre le mouvement du pinceau du professeur qui est  absent  dans les cours par correspondance .

 

SHI Bo : Tu as raison, dans le xingshu, les traits sont bien libres et liés ( 联笔   ), de temps en temps invisibles parce que des liaisons peuvent cacher des traits réels. A ce moment-là, il faut prendre un crayon et essayer de tracer les traits du kaishu trois fois ou cinq fois, de plus en plus vite et sans soulever le crayon du papier. Grâce à cette procédure, tu pourras déjà tracer le mot en xingshu avec des liaisons entre les traits.

 

(联笔)


Corinne P. : Ah oui, c’est bien ça, je n’y ai pas pensé. En fait, le xingshu est le kaishu rapidement tracé.

 

Shi Bo : D’une certaine façon on peut dire cela. Le xingshu se caractérise entre autres par le rythme ( 节奏 ), ce mot «rythme » signifie la respiration du pinceau qui, comme pour l’être humain, doit garantir son énergie acheminée par les différentes vitesses de ses mouvements. Quand tu imites le modèle calligraphique de ton professeur, tu dois d’abord bien regarder le modèle pour trouver son rythme, sa respiration et puis tu t’incorpores dans cette respiration avant de faire sillonner ton pinceau sur le papier. Tu verras, si tu fais avant tout une observation attentive du modèle, ton pinceau dansera plus gracieusement.

 

节奏 )

Corinne P. : C’est votre secret de réussite ?

 

SHI Bo : Non, c’est mon expérience, pas mon secret, car j’explique cela à tout le monde. Je dis souvent cela: l’élève respire au même rythme que son professeur ; son pinceau respire comme le pinceau du professeur. Pour y arriver, il faut bien observer et sentir le rythme du modèle calligraphique.                                                       

                                                                                                                 (.... À SUIVRE)

mercredi 22 juillet 2020

DU YU M'ANGOISSE

蠹鱼之烦恼
Du yu m’angoisse

Un jour, récemment, une amie m’a fait lire deux vers traduits en français dans un recueil d’ anciens poèmes chinois.

Le premier vers est le suivant : 此情唯有蠹鱼知 ( 袁枚 1716 – 1797 )


Le deuxième est ainsi écrit : 来生恐堕蠹鱼中 ( 陆游 1125 – 1210 )


D’après le contexte de chaque poème, je traduirais ainsi :
Premier vers : Ce sentiment, seules les mites le connaissent
...car les trois vers précédents disent qu’à l’âge de la décrépitude, si l’auteur plonge de temps en temps dans la lecture, c’est pour se divertir, pour tromper le temps. Par conséquent, l’auteur pense que seuls les vers qui rongent le bois et les vêtements connaissent ce sentiment d’oisiveté.
            Pour le deuxième vers : je crains de tomber dans les rangs de mites dans une existence ultérieure
L’auteur a peur de se dégrader dans une autre vie au rang des vers nuisibles.


Intrigué, j’ai demandé à cette amie de me montrer la traduction du livre. Avec étonnement, j’ai lu ceci :
Premier vers :
« Ce sentiment, seuls les poissons d’argent le connaissent . » 
Deuxième vers :
«Dans une vie prochaine je crains de figurer parmi les poissons d’argent »

Je ne comprends pas ce que signifie cette expression « poissons d’argent » .Je consulte donc des dictionnaires et des amis, les réponses sont  diverses  et variées.
Un ami m ‘a dit que par l’expression « poisson d’argent », on fait allusion à l’intelligence, à la générosité, et à la noblesse même. Si c’est cela, on ne pourra pas expliquer pourquoi nos deux anciens poètes avaient peur d’être poisson d’argent.
Un autre ami a trouvé quelque part une explication contraire : le poisson d’argent signifie insecte nuisible, ver qui ronge le bois et les vêtements. Cette explication me paraît dans la logique des deux vers que nous avons cités ci-dessus et s’applique bien à l’état d’esprit des deux anciens poètes.

.....Mais je reste sur ma faim, m’interrogeant : pourquoi le traducteur du recueil utilise cette expression « poisson d’argent » qui prête à confusion.



Chers lecteurs , qu’en pensez-vous ?

lundi 13 juillet 2020

A PROPOS DU PAPIER DE RIZ - 3

Suite et fin...
Bertrand V : J’ai cherché à Paris comme à Genève du bon papier de riz, j’ ai trouvé plusieurs produits chinois : 
Wenzhoupizhi 温州皮纸 qui est très blanc et solide, mais il nabsorbe presque pas l’eau. L’encre doit rester très longtemps sur le papier pour sécher.

温州皮纸 - Wenzhoupizhi


2 Jiugongzhi 九宫纸 de couleur jaune paille, format A3, rayé et divisé en 24 carrés, chacun étant  divisé en 9 petits carrés .

Mizigezhi 米字格纸   aussi de couleur jaune paille, format A3, divisé en 4 petits carrés traversés par deux lignes diagonales.


米字格纸 - Mizigezhi


Pourriez-vous parler de ces papiers ?

Shi Bo : J’ai essayé une fois chez un ami calligraphe Wenzhoupizhi 温州皮纸dont la texture est très serrée : il n’absorbe presque pas lencre, on narrive pas à avoir leffet du développement de lencre sur le papier 云烟状, c’est très frustrant. En fait c’est un papier industriel pas cher et il faut dire que mon pinceau ne l’aime pas beaucoup !

Quant à Jiugongzhi  九宫纸  et  Mizigezhi 米字格纸, très jaunes, relativement grossiers, ils conviennent assez bien pour les débutants qui n’en sont pas encore à l’étape de créer des œuvres qui exigent un bon papier.

Bertrand V : Quelles sont les exigences à propos des couleurs du papier de riz ?

Shi Bo : 
Le Xuanzhi  traditionnel est blanc. Mais quand on regarde plus attentivement, on constate que ce blanc présente beaucoup de nuances. 
Le Wenzhoupizhi 温州皮纸 dont vous avez parlé est trop blanc pour être doux. Il est tellement pâle que les calligraphes ne le choisissent pas pour créer leurs œuvres car ils le trouvent blafard.
Le papier de riz de couleur paille paraît trop brut, il n’est pas noble, d’ailleurs il est souvent très râpeux, de qualité médiocre.
Le meilleur xuanzhi  blanc est en fait d’un jaune ivoire qui offre une douceur aux yeux. C’est un blanc noble que les calligraphes recherchent.
Il y a aussi des papiers pré-imprimés de motifs traditionnels, et mouchetés d’or ou d’argent, on a l’embarras de choix. Chez moi j’en conserve toujours une vingtaine de haute qualité.

Bertrand V : Est-ce que l’épaisseur du papier a  aussi une influence sur le choix des calligraphes chinois ?

Shi Bo : Bien sûr. 
Le Xuanzhi épais et renforcé, destiné à un usage spécifique ( par exemple pour créer une œuvre qui ne doit pas être marouflée ) est généralement fragile, facile à casser ; 
Le Xuanzhi  léger est bien mince et doux, semi-transparent et pourtant résistant, il est très utilisé par les artistes qui voyagent beaucoup dans la nature pour faire des croquis ou brouillons.
Depuis l’époque où je travaillais sous la houlette de mon maître Xia, j’utilise toujours du Shengxuanzhi 生宣纸 ni épais ni mince, de la marque 金鹿 (cerf doré ) qui me convient dans ma création.
金鹿 - cerf doré

Bertrand V : Il y a une dizaine dannées, j’apprenais la calligraphie avec un professeur âgé venu de Hong Kong ; il mavait dit que le bon papier de riz a deux côtés : lun est lisse, lautre râpeux, il les appelait 正面 lendroit et 反面 lenvers. Il calligraphiait toujours sur l’envers car, disait-il, la face râpeuse donnait la sensation du mouvement de l’énergie des doigts qui tenaient le pinceau. Est-ce vrai ?

Shi Bo : En général, on aime travailler sur l’endroit qui est lisse et où le pinceau sillonne joyeusement, sans résistance du papier. Mais ce que ton maître hongkongais avait dit se produit aussi chez moi : quand l’émotion est longuement préparée à un point bien élevé, cette résistance du papier au pinceau peut aider à mettre en valeur la dextérité du poignet du calligraphe.
Et puis, si le papier est très râpeux, quand le pinceau vole rapidement dessus, on peut créer de très beaux feibai 飞白 ( le blanc s’envole dans le noir ) recherchés et appréciés par tous les calligraphes chinois, car le feibai 飞白 donne beaucoup d’espace à l’imagination esthétique chez les « calligraphiles »

Bertrand V : J’ai appris beaucoup de choses auprès de vous, merci sincèrement !


samedi 4 juillet 2020

A PROPOS DU PAPIER DE RIZ - 2

Bertrand V : Pourriez-vous me parler un peu de ces différentes capacités d’absorption de l’encre ?
Shi Bo : Avec plaisir. 
Dabord shuxuanzhi 熟宣纸 qui contient le plus dalun, est le moins capable d’absorber l’eau de l’encre ; sa surface est généralement bien lisse, brillante et un peu glissante. De ce fait, il n’est pas bon pour la peinture et la calligraphie. Mais il est bien apprécié pour faire le style gongbihua工笔画  -- peinture de facture minutieuse -- et le croquis à l’encre épaisse.
gongbihua工笔画

Ensuite shengxuanzhi 生宣纸 qui possède une forte capacité dabsorption de l’eau de lencre est, par conséquent, bien apprécié par les peintres et les calligraphes chinois qui sont maîtres de la technique de l’effet flou ( 氤氲云烟之状) provoqué par cette absorption.  
Shengxuanzhi 生宣纸 peut merveilleusement répondre à leur goût  dans leur recherche de la perfection. 

Enfin banshuxuanzhi 半熟宣纸 dont la capacité d’absorption de leau se situe entre les deux catégories précédentes, est plutôt destiné aux écoliers et aux apprentis dart chinois, car ce papier nexige pas une grande maîtrise du pinceau.

Bertrand V : Nos Occidentaux doivent-ils donc choisir la deuxième catégorie pour faire leur exercice pictural et calligraphique ?

Shi Bo : Oui bien sûr ! En plus c’est agréable quand le pinceau sillonne librement sur ce genre de papier. Pourtant, Shengxuanzhi 生宣纸 est relativement cher, surtout ceux de bonnes marques qui sont ici en France très rares. 

Personnellement, je n’utilise que Shengxuanzhi 生宣纸 qui me procure un grand plaisir.

                                                                                                         (A SUIVRE...)

vendredi 19 juin 2020

A PROPOS DU PAPIER DE RIZ - 1

话说宣纸
A propos du papier de riz Xuanzhi

Pendant le long confinement contre le Coronavirus, jai reçu un e-mail venu de Suisse. Monsieur Bertrand V, auteur de cette missive électronique, m’a posé une dizaine de questions sur le papier Xuanzhi 宣纸


Voici nos échanges sur ce sujet :

Bertrand V : Est-ce que la Chine est le seul pays producteur du papier Xuanzhi ?

Shi Bo : D’abord un peu d’historique me paraît nécessaire. Le papier Xuanzhi a été inventé et produit au 8e siècle sous la Dynastie Tang, dans le district Xuan d’où son nom Xuanzhi. De ce fait, on peut affirmer que la Chine est le seul pays producteur d’authentique  Xuanzhi.
Mais dans l’histoire du Xuanzhi , on constate que beaucoup d’autres districts chinois se sont spécialisés au fur et à mesure dans la production de ce papier apprécié des peintres et calligraphes chinois. Puis à l’époque des Dynasties des Yuan et des Ming, avec l’essor des échanges d’étudiants et de religieux, le Japon, la Corée et le Vietnam commencèrent à maîtriser cette technique de production , beaucoup de variétés de papier se bousculaient alors sur le marché. Pourtant, ces nombreux produits se faisaient toujours appeler Xuanzhi .

Bertrand V : J’ai acheté ici et là différents papiers Xuanzhi dont la qualité est nettement différente. Cela a une grande influence sur mon travail calligraphique.
 Qu’en pensez-vous ?

Shi Bo : En effet, chaque atelier fabrique son produit avec sa qualité spécifique. Mais globalement il existe trois catégories de Xuanzhi .

Première catégorie, 
shuxuanzhi  熟宣纸 ( 3 ) , xuanzhi « mûr », 

Deuxième catégorie, 
shengxuan 生宣纸 ( 4 )  xuanzhi « cru »


Troisième catégorie, 
banshuxuan 半熟宣纸  xuanzhi « demi mûr »

L’écorce de santal vert, la paille de riz, le coton et le bambou constituent les principales matières premières dans la fabrication de Xuanzhi . Mais on y ajoute plus ou moins d’alun et d’autres éléments minéraux, ce qui donne différents caractères au produit : capacité d’absorption, couleur, épaisseur…
Le caractère le plus important du Xuanzhi  est la capacité d’absorption de l’eau ( encre en l’occurrence ) que les peintres et calligraphes chinois recherchent depuis toujours et la beauté des arts chinois réside précisément dans les différentes capacités d’absorption.                                                            
                                                                                                    (A SUIVRE)

lundi 1 juin 2020

COMPOSITIONS POETIQUES NÉES DU "CONFINEMENT" - 3

Suite et fin 
外邊世界很誘人
Dehors l’univers est bien séduisant
屋內墨香更寧靜
A la maison le parfum de l’encre épaissit le silence



6  
半杯紅酒吟新詞
Un demi verre de vin rouge avalé, je fredonne ma nouvelle composition poétique
窗外風雨潛夢鄉
Au-delà des fenêtres, vent et pluie s’infiltrent déjà dans mon rêve nostalgique





mardi 19 mai 2020

COMPOSITIONS POETIQUES NÉES DU "CONFINEMENT" - 2

3  
哪堪害蟲任猖狂
Comment peut-on tolérer le déchaînement du virus nuisible
滿城鳥鳴鬧春色
Partout en ville les oiseaux chantent les couleurs du printemps



4  


白衣临危救他人
Au risque de leur vie
nos Blouses blanches se consacrent à sauver les autres
敢冒风险真英雄
Se moquant courageusement des risques 
elles manifestent leur âme de véritable héros


(A suivre....)