Vous trouverez sur ce blog, au fil des jours et des mois, les oeuvres réalisées par le Maitre Calligraphe Shi Bo, ainsi que les stages qu'il propose, ses livres numérotés et autres parutions, ses commentaires ....... Que la visite vous soit un enrichissement.
L'administratrice : Sérénité'art

mercredi 16 janvier 2019

LE DRAME DE YU XUANJI, POETESSE DE LA DYNASTIE DES TANG - 唐代女诗人鱼玄机的悲剧 - 1


Yu Xuanji (environ 844 871) était une remarquable poétesse et danseuse dans la capitale impériale de la dynastie des Tang. 

Son vrai nom était You Wei (幼微).  

Née dans une belle famille de la haute société de la capitale . elle savait déjà très jeune composer d’excellents poèmes lyriques et tissait des liens étroits avec les intellectuels connus de l’empire Tang.
Un avenir brillant l’attendait. Mais toute sa vie ne fut qu’un malheur. 

Alors qu’elle brillait telle une nouvelle étoile poétique, son père la donna comme concubine à un jeune fonctionnaire de la cour impériale dénommé Li Yi. Ce dernier obéissait au doigt et à l’œil à son épouse, une femme remplie de jalousie et de cruauté, qui se répandait à tout bout de champ en réprimandes et invectives contre la frêle You Wei. 
Au bout de quelques mois seulement, le mari Li Yi abandonna You Wei et la plaça dans le monastère Xian-yi ( 咸宜观 ) ainsi devint-elle ermite taoïste, sous le nouveau nom de Xuan Ji ( 玄机 ) qui signifie « occasion mystérieuse ».
Elle continuait ses relations avec les milieux intellectuels de la capitale, et fréquentait limportant poète Wen Tingyun ( 温庭筠 ) pour qui elle nourrissait un grand amour. La poésie était le vecteur de ses profonds sentiments. 
Un jour, après avoir eu le bonheur de passer quelques nuit avec elle , Wen lui annonça son départ pour un long voyage. Elle lui chanta alors ce poème improvisé et mélancolique :

秦樓幾夜愜心期
不料仙郎有別離
睡覺莫言雲去處
殘燈一盞野蛾飛



Dans ce pavillon de plaisance
Nous avons passé quelques nuits amoureuses
A ma grande surprise
Toi, mon amour tu dois bientôt me quitter pour un voyage
Profitant bien de ce dernier moment de sommeil
Oublions pour l’instant ton départ
Et laissons les papillons de nuit tourbillonner
Autour de la bougie qui pleure


mercredi 9 janvier 2019

DIALOGUE CALLIGRAPHIQUE - 1


Dans ma vie de calligraphe, je rencontre de nombreuses personnes de différents horizons.  
S’intéressant plus ou moins à la calligraphie chinoise, celles-ci me posent toutes sortes de questions intéressantes. D’où l’idée de créer cette rubrique de “Dialogue calligraphique” pour répondre chaque fois à une ou deux questions.
Dialogue calligraphique 1 :
Corinne B : J’ai passé dix ans à apprendre la calligraphie chinoise auprès d’une professeur française qui donne des cours dans mon coin, en Bretagne. Après un jour de stage avec vous, je sens fermement avoir perdu dix précieuses années. C’est fort regrettable. Qu’en pensez-vous ?

SHI Bo : Il est vrai qu’en France, et un peu partout en Europe, sont dispensés ces dernières années beaucoup de cours de calligraphie chinoise par des gens qui en fait connaissent peu, eux-mêmes, cet art. 
Pourtant je pense que tu n’as pas perdu ces dix années. Quand nous avons fait une journée de stage du style dit « herbe folle galopante », j’ai constaté quand même une certaine facilité dans ton pinceau. Il faut maintenant mettre en valeur cette maîtrise en faisant l’exercice quotidien.

Corinne B : Si j’avais suivi vos cours pendant ces dix ans, mon pinceau ne serait pas si maladroit et si hésitant… (larmes aux yeux)
SHI Bo : J’analyse cet état de chose autrement. Il est vrai que le niveau culturel et artistique du professeur joue un rôle important dans le progrès des élèves. Mais les choses étant déjà comme ça, tu ne peux pas toujours regarder en arrière, ni te le  reprocher éternellement. 
Un proverbe chinois nous dit ceci : 
« Le passé nous aide à progresser, mais ne détermine pas notre avenir »
 Je dirais que le courage nous aide à tirer profit du passé pour mieux avancer à l’avenir. Je te souhaite bon courage …
  Ceci dit, je voudrais aussi donner un conseil à tous ceux qui veulent faire le premier pas sur ce chemin calligraphique : 

  Choisissez bien votre premier professeur de  calligraphie, car cet initiateur peut vous mettre sur de bons rails tandis qu'un professeur qui n’est pas à la hauteur peut vous induire en erreur. Actuellement trop de gens s’improvisent “maître de calligraphie” car il y a trop de demandes sur le marché. 

  L’essentiel est ne pas se laisser séduire par des titres ronflants ( grand maître, artiste coté, que sais-je encore ) ou bien par des annonces cinématographiques trop souvent théâtrales sur YouToube. La prudence est de mise…

Corinne B : Merci !

lundi 31 décembre 2018

MES MEILLEURS VOEUX POUR 2019

Alors que le temps tourne....... 
En 2019,  avançons main dans la main !


vendredi 14 décembre 2018

QUELQUES IDEES POUR LES FÊTES......


Les fêtes de fin d’année approchent, beaucoup de mes amis cherchent des idées pour préparer leurs cadeaux avec la calligraphie chinoise. Je me fais un grand plaisir de leur conseiller quelques idées pour qu’ils fassent en allégresse de belles cartes particulières.


聖誕節快樂 Joyeuse Fête de Noël


2 新年新启程 Nouvel An et nouveau départ


萬事亨通 Tout marche selon ton désir

4 一帆風順 Avoir le vent en poupe

5 奮進 Allez vaillamment en avant

健康長安 Bonne santé et harmonie constante

7 事業有成 Bon succès dans ce qu’on entreprend

順其自然Suivre la nature

紫氣東來 L’énergie pourpre vient de l’Est 
( allusion à  ce souhait: L’heureuse chance arrive vers vous)

10 雅趣 Goût raffiné ;  plaisir élégant

11 長樂 Joie éternelle

12 和諧 Harmonie
13 道無涯 Le dao est sans limite

14 淨無塵 Sans poussière ( allusion : cœur lavé de tout souci)

15 和為貴 L’harmonie est la plus précieuse

vendredi 7 décembre 2018

MES EXERCICES CALLIGRAPHIQUES - 59




Les pétales de pêcher s’en vont au fil de la journée et au gré de l’eau
Sur quelle rive de ce cours d’eau éternel
Pourrais-je trouver la grotte des Immortels ?

táo huā jǐn rì suí liú shuǐ   
dòng zài qīng xī hé chù biān
     桃花尽日随流水     
洞在清溪何处边


mardi 27 novembre 2018

ZHANG JI (张继) ....ET MON PREMIER POÈME D'ENFANCE.


Mes grands-parents maternels sont originaires de Suzhou ( 苏州 ), située à 80 kilomètres de Shanghaï. Cette petite ville, réputée comme  la Venise de lExtrême Orient, est sillonnée et nourrie par de multiples rivières et ruisseaux qui offrent un paysage pittoresque et un terroir propice à la culture de bonsaï. J’y ai passé une grande partie de mon enfance et de mes vacances scolaires chez mes grands-parents. J’en garde de merveilleux souvenirs.
Un soir d’été, quand j’avais 5 ans, mon grand-père et moi nous promenions le long de la rivière qui longe le quartier pavillonnaire où se trouvait notre grande maison composée de plusieurs pavillons et d’un joli étang. Bientôt nous arrivâmes  sur un pont déjà illuminé par des lanternes rouges. Adossé à une balustrade du pont, mon grand père, en caressant sa petite moustache, fredonna ce poème
枫 桥 夜 泊
张   继

月落乌啼霜满天
江枫渔火对愁眠
姑苏城外寒山寺
夜半钟声到客船
Zhang Ji (8e siècle)
Une nuit près du Pont des érables
La lune décline
Les corbeaux se lamentent
Le ciel est plein de givre
Au bord de la rivière
Les érables s’illuminent aux feux des pêcheurs
Je sombre dans un sommeil mélancolique
En dehors de la ville de Gusu
Se dresse le temple de Hanshan
A minuit le tintement de sa cloche
Parvient jusqu’à ma barque
Il brandit son bras droit dans la direction d’un temple et me dit tout doucement :


« Voilà le fameux temple de Hanshan, A l’origine c’était un temple taoïste,  sous la dynastie des Tang il fut dirigé par le célèbre ermite Hanshan. Il est donc couramment appelé Temple de Hanshan »
Ensuite, mon grand-père me répéta et expliqua chaque vers de ce poème  que je redisais après lui jusqu’à pouvoir tout le réciter.
Ce fut mon premier poème d’enfance !
Effectivement sur le pont ce soir-là, je voyais des bateaux de pêcheurs dont les feux illuminaient les vaguelettes de la rivière, j’entendais des croassements de corbeaux revenus dans leurs nids haut perchés dans les branches de platanes. Un paysage envoutant, mystérieux et paisible.
Depuis ce soir-là ce petit poème ne m’a plus jamais quitté, Que je sois à Shanghaï, à Pékin, au fin fond de la chaîne de montagne Zhongtiao (où je passais mes années douloureuses pendant la révolution culturelle de Mao), ou bien à Paris, ce poème me rappelle toujours mon heureuse enfance !
Photo/ net - Statue de Zhang Ji

En automne 1996, j’ai été invité à animer un stage de calligraphie à Avignon. Ce fut une belle occasion pour moi de visiter ce célèbre pont d’Avignon. Alors que je le traversais, l’image du pont des érables du poème de Zhang Ji envahit mon cerveau, et à mes oreilles sonna la voix de mon enfance qui me chuchotait alors « Sur le pont d’Avignon… » que j’avais chanté à Shanghaï avec mes petits copains français. Le pont des érables et le pont d’Avignon se fusionnaient dans mon esprit. J’étais envahi par des délices indescriptibles et innommables.
Quel bonheur !
Chaque fois que je récite le poème de Zhang Ji, je vois mon grand-père sur le pont des érables, souriant, heureux, caressant sa petite moustache. Cette image m’a beaucoup encouragé à supporter les souffrances physiques et morales de mes années de prison pendant la révolution culturelle.
Mais cette image m’accompagne aussi dans mes jours et mes moments heureux à Paris, surtout lorsque la solitude me saisit. Elle m’aide à savourer les délices du silence.

mercredi 14 novembre 2018

孟浩然:浩气长存的诗人 MENG HAORAN : POETE D’ÂME NOBLE - 4


Amitié pour Wang Wei


A 40 ans ( en l’an 728), Meng Haoran vint s’installer dans la capitale Chang An de l’empire de la dynastie des Tang. Ce séjour avait deux buts : 
-- d’abord, visiter la capitale et ses alentours et rendre visite à des amis lettrés tels que Wang Wei pour qui il nourrissait une grande amitié !
 -- ensuite passer l’examen impérial afin d’obtenir un poste au gouvernement et à l’Académie impériale.
Durant les deux mois d’attente du résultat de l’examen, il fréquenta Wang Wei. Ils composèrent ensemble des poèmes, ainsi naquit chez Meng Haoren une grande admiration pour le grand Maître. 
Hélas, au jour de l’annonce des résultats, son nom ne figurait pas sur la liste des candidats reçus.
Fort déçu, il invita Wang Wei dans un petit salon de thé. Plusieurs coupes de vin avalées, sous l’effet de l’alcool et de la tristesse, il prit son pinceau et improvisa  sur le papier ces huit vers :

留别王维

寂寂竟何待  朝朝空自歸
欲尋芳草去  惜與故人違
當路誰相假  知音世所稀
只應守寂寞  還掩故園扉 


Adieu à Wang Wei

Instants si calmes
Que peut-on encore espérer?
Heures si médiocres
Je rentre chaque jour sans rien avoir obtenu
Je voudrais retourner en ermitage 
auprès de mes fleurs et de mes herbes
Au grand regret de vous quitter mon cher ami
Qui voudrait m’aider vraiment sur ce chemin ?
Il existe trop peu d’amis intimes en ce monde
Je dois garder toujours ma vie solitaire
Et bien fermer la porte en branchage de ma cour

Le poète se lamentait du résultat médiocre de son examen et exprimait son désir de reprendre sa vie solitaire en ermite, tout en déclarant son regret de dire adieu à son grand ami Wang Wei.  

 Retour à la vie solitaire 归隐

Après l’échec à l’examen impérial, Meng Haoran sombra dans la déception et noya sa tristesse dans des coupes incessantes d’alcool. Il se lamentait de ne pas avoir d’amis qui pouvaient l’aider à accéder à la haute société de la capitale Chang An.
Un jour, son ami Wang Wei vint à son hôtel lui annoncer une excellente nouvelle : quelques amis hauts placés, tels le grand poète  Zhang Jiuling alors premier ministre de l’empire, et l’immense lettré Li Shizhi, avaient parlé de son talent poétique à l’Empereur Xuanzhong qui finit par accepter de recevoir Meng Haoran.
Celui-ci, ému et étonné, composa le poème suivant pour cette
grande occasion tant attendue :

暮岁归南山
北阙休上书,南山归敝庐。
不才明主弃,多病故人疏。
白发催年老,青阳逼岁除。
永怀愁不寐,松月夜窗虚。

( photo 6 )

 Retour à la montagne du sud à l’âge crépusculaire

Dans le pays nord il ne faut pas écrire à l’empereur
Je préfère retourner à la montagne du sud dans ma pauvre chaumière
Je n’ai pas de talent et le monarque clairvoyant me rejette
Malade je suis abandonné par mes amis
Les cheveux blancs poussent à la vieillesse
Le soleil printanier chasse les années qui me restent
Triste je ne trouve plus le sommeil
Au clair de lune, près du pin
mes fenêtres m’offrent le vide nocturne

Pendant la réception impériale, Meng Le Noble récita ce poème rempli de lamentation et de mécontentement, et l’empereur tourna le dos, s’en alla dans une colère bleue.
Peu de temps après, notre grand poète fort déçu et triste quitta la capitale et retourna à Xiangyang. Il y mourut peu de jours après son retour, dans sa demeure solitaire.


lundi 5 novembre 2018

孟浩然:浩气长存的诗人 MENG HAORAN : POETE D’ÂME NOBLE - 3


Un poème connu de tous les Chinois !


En Chine, à la campagne comme en ville, les enfants qui apprennent à réciter à l’âge de 4 ou 5 ans des poèmes, commencent par « Aube printanière » ( 春晓 ) de Meng Haoran. 

Ecrit il y a environ 1500 ans, ce petit poème simple et limpide est très facile à comprendre, car ses mots sont encore utilisés de nos jours. 

Lisons ensemble ce bijou :

春晓
春眠不覺曉
處處聞啼鳥
夜來風雨聲
花落知多少


Aube de printemps

Au printemps le sommeil dure au-delà de l'aube
De tous côtés parvient le chant des oiseaux
La nuit est à peine troublée par le murmure du vent et de la pluie
Qui sait combien de fleurs sont tombées cette nuit?

Shi Tao - fleurs de prunier
à Lingtai

Cet écrit lyrique ressemble à un doux cours d’eau qui coule joyeusement vers le lointain. Tous les grands poètes chinois s’accordent à dire que c’est la meilleure ode du printemps. 
....Qu’en pensez-vous, mes chers lecteurs ?

jeudi 25 octobre 2018

TOUSSAINT ET CHRYSANTHEMES


La Fête de Toussaint arrive. A cette occasion, chaque année, les gens vont honorer les tombes avec des bouquets de chrysanthèmes de toutes les couleurs. Les cimetières se transforment en jardins multicolores.
A cette période, j’aime flâner dans le cimetière de Montparnasse ou dans celui de Montrouge où les allées sont jalonnées de gros bouquets de chrysanthèmes.

Chrysanthème ! Fleur romantique ! Et dans l’esprit des Chinois, du moins des anciens Chinois, cette fleur symbolise noblesse, beauté et nostalgie pour les meilleures choses du passé.
Le 17 octobre 2018, c’était la Fête du Double Neuf (9e jour du 9e mois de l’année lunaire chinoise), Mon fils m’envoya un mail, m’invitant à boire une coupe de vin au chrysanthème. En fait je n’ai pas ce vin, j’ai dû trinquer avec une tasse de thé au chrysanthème. La joie était immense. Le cœur était joyeux.
Quand la joie est retombée, je commence à fredonner : 
le poème de Yuan Zhen ( 779 – 831 ) des Tang 
 «Chrysanthème» :

菊花
元稹
秋叢繞舍似陶家
遍繞籬邊日漸斜
不是花中偏愛菊
此花開盡更無花


Chrysanthèmes
Des touffes de chrysanthèmes d’automne entourent
Ma maison comme chez Tao*
Je tourne autour de la clôture en les admirant
Jusqu’au coucher du soleil
Ce n’est pas parce que j’ai une prédilection pour eux
Mais après la saison de leur éclosion
On ne trouve plus d’autres fleurs

Remarquez que dans le premier vers l’auteur faisait allusion à la cour de  Tao, Car Tao Yuanming avait composé plusieurs poèmes sur sa cour couverte de chrysanthèmes, ses fleurs de prédilection.

Dans la poésie chinoise, on trouve bon nombre de poèmes les chantant . Le premier nom concerné qui surgit dans ma mémoire est celui de Huang Chao. Il leur consacra plusieurs poèmes . Voici le plus célèbre :
Poème aux chrysanthèmes
Huang Chao


題菊花
黃巢
颯颯西風滿院栽
蕊寒香冷蝶難來
他年我若為青帝
報與桃花一處開     


La cour est couverte de chrysanthèmes
Qui bruissent au vent d’ouest
Leurs pistils distillent un parfum glacial
Les papillons l’ignorent
Si un jour je devenais dieu de printemps
Je les ferais éclore avec les fleurs de pécher en même temps

Huang Chao est en fait un personnage historique dont la vie a été pour le moins chaotique : pendant sa jeunesse il s’appliqua durant des années dans l’étude des anciens textes littéraires dans le but de réussir à l’examen impérial. Mais il échoua invariablement plusieurs participations à cet examen.  Son rêve de devenir haut mandarin ayant échoué, il commença à caresser une autre ambition : devenir empereur de l’Empire du Milieu par insurrection paysanne. En effet, il réussit à rassembler des dizaines de milliers de paysans armés d’outils agricoles et à s’emparer de la capitale impériale. 
Mais, juste au moment de la conquête du palais impérial, un de ses capitaines le trahit et dénonça à la garde du palais son plan d’attaque,  il fut arrêté et exécuté sans pouvoir même voir le trône.




jeudi 11 octobre 2018

孟浩然:浩气长存的诗人 MENG HAORAN : POETE D’ÂME NOBLE - 2


B. Spécialiste de la description de la lune
Meng Le Noble nous laissa en tout 321 poèmes dont la plupart sont à quatre vers de 5 pieds chacun:

 (五言律诗)
Avec rythme et légèreté il chanta joyeusement la nature, le climat et surtout la lune. 

                        Lu Haizhong ( 鲁海钟), spécialiste shanghaien de l’ancienne poésie chinoise ( un de mes amis d’enfance ), dit dans son livre intitulé : 
« 孟浩然的月亮诗 »
« La lune dans les poèmes de Meng Haoran » : 
 Parmi le 321 poèmes de ce grand chanteur de la nature, pas moins de 173 ont des vers sur la douce lune. Meng Haoran prenait évidemment la lune comme source de douceur et de sérénité.

Voici un de ces poèmes qui chantent le calme sous la lune

夜归鹿门歌

山寺鸣钟昼已昏     
渔梁渡头争渡喧
人随沙岸向江村     
余亦乘舟归鹿门

鹿门月照开烟树     
忽到庞公栖隐处
岩扉松径长寂寥     
唯有幽人独来去

Photo tirée du livre "Passion à l'encre" - visible dans la marge du blog.
 Le poème est lisible sur ces deux pages
cliquer sur l'image pour l'agrandir.
En rentrant la nuit à Lumen

A la tombée de l’obscurité
Tinte la cloche du monastère dans la vallée
Des gens embarquent dans le vacarme
D’autres longent la rive sablonneuse vers le village
Et moi je retourne aussi à Lumen en bateau
La lune éclaire Lumen, dissipant la brume des arbres
Bientôt j’arrive à l’ermitage du maître Pang
Derrière une porte encadrée de pierres
Un sentier de pins silencieux
Seul l’ermite l’emprunte en sortant et revenant
(à suivre...)