Vous trouverez sur ce blog, au fil des jours et des mois, les oeuvres réalisées par le Maitre Calligraphe Shi Bo, ainsi que les stages qu'il propose, ses livres numérotés et autres parutions, ses commentaires ....... Que la visite vous soit un enrichissement.
L'administratrice : Sérénité'art

mardi 19 mai 2020

COMPOSITIONS POETIQUES NÉES DU "CONFINEMENT" - 2

3  
哪堪害蟲任猖狂
Comment peut-on tolérer le déchaînement du virus nuisible
滿城鳥鳴鬧春色
Partout en ville les oiseaux chantent les couleurs du printemps



4  


白衣临危救他人
Au risque de leur vie
nos Blouses blanches se consacrent à sauver les autres
敢冒风险真英雄
Se moquant courageusement des risques 
elles manifestent leur âme de véritable héros


(A suivre....)

mardi 12 mai 2020

COMPOSITIONS POETIQUES NÉES DU "CONFINEMENT" - 1

Le confinement à Paris et à travers toute la France a commencé le 17 mars 2020 pour endiguer le coronavirus qui sévit un peu partout dans le monde.
Qui dit confinement dit "enfermé entre quatre murs" : coupé du monde. Dès lors je vivais donc dans mon petit nid entre mes livres. Cela m’a permis beaucoup de méditation et de réflexion. D’où une composition poétique à l’ancienne. 
Avec beaucoup de plaisir je calligraphiais tous les jours ces compositions quotidiennes. En voici quelques extraits avec la traduction française :

1    
花都空城人踪稀
La capitale des fleurs s’est vidée de ses admirateurs.
天高云淡任鸟飞
Dans le ciel quelques traînées de nuages blancs amusent les oiseaux



2    
圍城巷空閒時多
Ville confinée, abondants sont les moments oisifs
清茶一盃伴翰墨
Une tasse de thé accompagne mon pinceau et mon encre


(à suivre)

dimanche 3 mai 2020

DIALOGUE CALLIGRAPHIQUE 8 - FIN.

Serrement et relâchement
Elisabeth B. : Vous me parlez souvent du couple d’oppositions « serrement et relâchement », pouvez-vous développer cette conception qui me paraît importante dans la calligraphie ?

Serrement et relachement 緊和松
Shi Bo : Volontiers. L’harmonie d’une œuvre calligraphique entre le serrement et le relâchement 緊和松 des traits me paraît primordiale. Si tous les traits d’une calligraphie sont serrés, l’oeuvre sera trop musclée, trop rigide, trop étriquée, donc démunie de mouvement gracieux, alors que si tous les traits d’une calligraphie sont trop relâchés et trop expansifs, l’œuvre sera obèse, encombrante et très fade. D’où ma conception : tous les idéogrammes calligraphiés doivent être compacts, avec quelques traits en expansion à bonne dose. Ainsi l’œuvre sera délicieuse pour les regards experts et attentifs.
On a tendance à croire que plus les traits embrassent d’espace vide, plus l’œuvre calligraphique semble à l’aise. Bien au contraire, trop de vide blanc dans une telle œuvre perd la possibilité  de vibration du mouvement des traits, car le trop blanc laisse le néant tout avaler et tout engloutir. Résultat : l’oeuvre n’arrive plus à envoyer des vibrations esthétiques au regard. 

Le rôle des points 
le mot "vague" 


SHI  Bo : A propos des vibrations calligraphiques, j’aimerais attirer ton attention sur le rôle des points. Tu sais que dans la composition des idéogrammes chinois il existe plusieurs formes de points, par exemple « points en couple » , « trois points d’eau » 三点水, « deux points en forme de deux jambes » qui soutiennent toute la structure, et « quatre points du feu », etc. Sur le plan esthétique, ces points bien réalisés peuvent offrir beaucoup de mouvement et d’ondulations , donc beaucoup de beauté à l’œuvre calligraphique et par conséquent faire vibrer la corde émotionnelle. 

三点水
Quand on regarde un tableau dans son ensemble, les points sautillent comme des gouttes d’eau tombées sur la surface du lac, comme des vagues ondulantes, comme un petit ruisseau qui coule tranquillement…
Elisabeth B. : Depuis longtemps j’ai remarqué que vos différents points sont très étudiés et nuancés, donc très gracieux et émouvants. J’ai beaucoup admiré votre rouleau du poème « Le ruisseau des fleurs de pêcher »《桃花溪》

桃花溪
 de Zhang Xu où partout les idéogrammes ondulent grâce aux différents points qui dansent  harmonieusement.

Shi Bo : Je me rappelle qu’ au début de chaque cours mon maître Xia m’avait fait travailler les points, en grand format comme en petit. De temps en temps, fort ému, il m’invitait à faire danser mon pinceau avec le sien pour calligraphier des points. Il répétait souvent que les points devaient être gracieux, vifs et doux. Cette conception me guide toujours dans mon exercice de perfection.
Elisabeth B. : Vous êtes spécialiste de l’art des points !
"éclat de rire"

Shi Bo : Comme nous l’avons dit dès le début, comment bien calligraphier est un important et vaste sujet. Aujourd’hui nous avons abordé l’essentiel, on pourra en parler une autre fois.
Elisabeth B : Avec grand plaisir ! Merci beaucoup !

mardi 21 avril 2020

DIALOGUE CALLIGRAPHIQUE 8 - (SUITE)

Elisabeth B. : Comment les calligraphes chinois préparent-ils cette émotion "fermentée à point" ?

SHI Bo : Chez nos anciens, aussi bien Wang Xizhi, Wang Wei, Tao Yuanming, Li Bai que Du Fu, Huai Su et Zhao Mengfu, le vin leur servait de ferment idéal !

A notre époque le bon thé remplace le plus souvent le vin. Quant à moi, avant de me lancer, je bois toujours plusieurs tasses de thé chaud dans le silence ; le thé chaud et le silence m’aident à trouver l’intuition et la bonne émotion esthétique.

Elisabeth B. : Je vous comprends parfaitement. D’ailleurs mon professeur de peinture dit souvent comme vous.

SHI Bo : Concrètement parlant, le premier critère de la beauté de l’œuvre calligraphique est de voir si la création est animée d’émotion (3). Regardant une belle œuvre  avec recul, on peut sentir si elle diffuse ou transmet une forte sensation heureuse, plaisante ou apaisante. A ce moment-là on peut dire qu’elle est réussie.

Elisabeth B. : vous m’avez souvent dit cela. Mais comment peut-on atteindre ce niveau ?

La Beauté réside dans le mouvement !

SHI Bo : On peut atteindre ce niveau à travers de nombreux exercices sur la disposition de chaque trait et de chaque mot. Cela veut dire que l’expérience joue un rôle important . Plus ton pinceau est "âgé", mieux est cette disposition ! Par exemple lorsque tu traces un trait allongé avec exagération, ou bien un mot tout petit aux traits très fins ; tout cela est certes technique, mais ce procédé demande une ingénieuse conception calligraphique et aide beaucoup à donner à l’œuvre du mouvement, de  l’énergie et de l’élégance.
Elisabeth B. : C’est ce que vous  dites souvent : la beauté réside dans le mouvement 
 美出于动 



SHI Bo : Tout à fait.

Et puis, la philosophie chinoise exige qu’une belle œuvre calligraphique soit absolument  harmonieuse à tous points de vue : harmonie entre le noir de l’encre et le blanc du papier, entre les lignes elles-mêmes, entre le début et la fin, entre le haut et le bas, et surtout entre le mouvement et la stabilité des traits. Cette dernière harmonie est un grand sujet qui mérite un peu de développement.

Elisabeth B. : Je vous en prie.

SHI Bo : Les traits qui peuvent donner l’impression du mouvement sont des  tracés tantôt vigoureux et épais, tantôt fins mais très sûrs. L’auteur les alterne savamment dans une même œuvre, sur une même colonne de mots, et  surtout dans le même idéogramme ; cela éblouit le regard, on sent donc beaucoup de vibration dans l’art calligraphique, car cette alternance est riche en mouvements esthétiques. 

Accordons maintenant un moment à ce phénomène technique dit en chinois feibai 飛白qui est abondamment et ingénieusement utilisé par nos grands maîtres de calligraphie. Je traduis ce concept feibai en français par :
« voltigement du blanc ». 
Lorsqu’on dose bien la quantité d’encre retenue par les poils du pinceau, on peut réaliser de splendides voltigements du blanc dans l’encre noire posée sur le papier de riz. 
    
飛白

Le mouvement calligraphique ainsi réalisé offre alors une très grande beauté, qui émeut et qui vibre forcément sur la corde émotionnelle du spectateur. 

Cette vibration heureuse est vraiment très recherchée et particulièrement appréciée par les experts de calligraphie. 

On apprend cette technique dans l'exercice d'une pratique inlassablement répétée. 

"Paris ne s’est pas bâti en un seul jour !"
                                

                              (à suivre...)

mardi 14 avril 2020

DIALOGUE CALLIGRAPHIQUE - 8

Comment bien calligraphier ?

怎样書法得美


Elisabeth B. : Bonjour Cher Professeur, je vais bientôt finir mon cursus de perfection ! Mes cours s’accélèrent sensiblement, cela m’aide énormément. Une question me tient à cœur : est-ce qu’il y a des règles ou quelques procédés pour “faire jolie la calligraphie ?”

SHI Bo : Oui, chaque chose a ses règles et « faire la belle calligraphie » ne fait pas exception. En fait, durant tant d’années de cours avec moi, tu as déjà appris et maîtrisé certaines règles de beauté calligraphique car je t’en ai parlé occasionnellement  tout au long de nos cours, par exemple : l’harmonie qui est un large sujet déterminant pour la beauté de l’œuvre.

Elisabeth B. : Certainement, l’harmonie entre les idéogrammes, entre le yin et le yang, entre traits charnus et traits légers…



Emotion mijotée “au bon point”
SHI Bo : Aujourd’hui, nous pouvons en parler de façon générale et un peu théorique. Je voudrais commencer par l’esprit qui est maître du pinceau. Je veux dire par là que la beauté de l’œuvre vient d’abord de la beauté de l’esprit de l’auteur. En termes concrets, l’état de l’esprit de l’auteur est décisif quant à la beauté de l’œuvre qu’il crée.
D’abord, “la beauté de l’esprit” signifie que l’esprit est "dans son meilleur état" . 
Tu sais que la création calligraphique est une expression artistique de l’émotion heureuse de l’artiste. Si cette émotion est bien mijotée jusqu’au bon point, le pinceau suivra mieux l’esprit. 
En chinois, on dit que 'l’esprit est ému à point'  :

心意到位


Mon Maître Xia me répétait souvent : "Si ton émotion n’est pas au point, il ne faut jamais forcer ton pinceau à danser".

C’est pourquoi avant de prendre le pinceau pour le faire danser sur le papier de riz, il faut préparer l’émotion qui monte et s’harmonise jusqu’à tel point qu’on se sente gagné d’une grande envie de commencer “la danse du pinceau à l’encre”. On éprouve alors un immense plaisir à calligraphier .

Si un jour tu n’es pas “dans ton assiette”, la sensibilité, l’inspiration et l’émotion seront “à plat” : alors il ne faut pas forcer ton pinceau à travailler.
Ensuite, l’état de l’esprit au bon point signifie aussi la sérénité : on se sent en harmonie  avec l’ambiance et avec soi-même. C’est la bonne condition de la belle création artistique. Quand on est serein, le pinceau l’est aussi , la communion, l’unisson, s’en suivent naturellement .... (à suivre)

vendredi 3 avril 2020

MES EXERCICES CALLIGRAPHIQUES


Actuellement, la vie étant perturbée par la propagation du coronavirus, je m’enferme des jours entiers dans mon petit nid où je passe le temps à lire, à calligraphier et à fredonner des poèmes de la Dynastie des Tang.

Quelques poèmes des Tang chantant le printemps me procurent beaucoup de plaisir dans cette vie désertique , monacale , cloîtrée entre quatre murs. 
Je ne cesse de lire et de réciter le poème de  Yu Liangshi ( 于良史 ) intitulé《春山夜月》( Montagne nocturne au printemps au clair de lune ). 
Les deux premiers vers m’envoûtent car ils traduisent bien mon état d’esprit actuel qui, désoeuvré,  aime errer sous la lueur de la lune. Emu par cette description lyrique, je fais appel à mon cher pinceau pour me lancer dans mon exercice calligraphique.  
春山多勝事
Au printemps la montagne emplie
de nombreuses merveilles

賞玩夜忘歸
J’en jouis jusque très tard dans la nuit
oubliant le retour


.... la suite du poème : 
....Les deux mains jointes je prends de l'eau 
et la lune est dans le creux de mes mains
Je caresse les fleurs
et mes vêtements en sont parfumés
Emporté par la joie
Je me moque de la longue route parcourue
Je regrette de quitter ces fleurs odorantes
Mes regards se dirigent vers le sud où la cloche résonne

Un pavillon se cache dans la verdure profonde !


jeudi 26 mars 2020

LI SHANGYIN - LETTRÉ FIDELE A SON AMOUR - Fin

Pour finir, voici un des nombreux poèmes que Li Shangyin écrivit après la mort de sa femme :
忆梅

定定住天涯
依依向物华
寒梅最堪恨
长做去年花

Pensée pour les fleurs de prunier

Je m’installe solidement au bout du monde 
Mais je m’attarde souvent auprès de ces fleurs
Les fleurs de prunier dans le froid sont à haïr
Elles s’épanouissent et disparaissent avec le printemps

Cliquer sur les images pour les agrandir....

L’auteur composa ce poème pendant son voyage dans les régions frontalières peu après la mort de sa femme. Il y resta longtemps. Lorsqu’il voyait les fleurs de prunier offrant leur splendeur dans le froid rigoureux et très rapidement se fanant avant les autres fleurs du printemps, il pensa à sa femme qui le quitta si jeune, 16 ans seulement après leur mariage. 
Photo MSG - mars 2020
Cette vive nostalgie se transforma en un regret aigu et amer qui frôlait la haine. On comprend facilement sa douleur perçant ses entrailles.

Li Shangyin est un des remarquables poètes des Tang que j’admire, tant pour ses excellentes créations poétiques que pour sa personnalité. Il représente la perfection littéraire et le fidèle amour qui animent l’âme des lettrés traditionnels chinois. Les quelques 1000 poèmes qu’il nous laissa constituent une partie des lectures qui accompagnent ma vie parisienne.

mardi 17 mars 2020

LI SHANGYIN - LETTRÉ FIDELE A SON AMOUR - (3)

Fidélité à son amour pour son épouse.

Ce que j’admire le plus chez ce poète de la Dynastie des Tang est sa fidélité à son amour pour son épouse. Durant ses voyages, il composa de nombreux poèmes en l’honneur de sa femme, pour lui exprimer ses profonds sentiments.
Voyons un exemple :

夜雨寄北

君问归期未有期
巴山夜雨涨秋池
何当共剪西窗烛
却话巴山夜雨时

( 4 )
La pluie nocturne envoyée au nord

Tu me demande la date de mon retour
Mais je n’ai pas cette date
La pluie nocturne dans la montagne Bashan
Fait déborder le lac automnal
Quand pourrons nous éteindre ensemble
La bougie qui brille près de la fenêtre ouest 
de notre chambre 
en te murmurant cette pluie à Bashan

Par cette nuit pluvieuse à Bashan dans le sud de l’empire, l ’auteur en voyage pensait fort à sa femme qui restait chez eux dans le nord du pays. Il n’eut pas la date de retour à lui annoncer, il exprima son fort désir de partager avec sa femme la même lumière de la bougie et la même douceur du murmure commun sur la pluie à Bashan. Quel profond amour pour son épouse !

Voyons un autre poème d’amour :

端居

远书归梦两悠悠
只有空床敌素秋
阶下青苔与红树
雨中寥落月中愁
( 5 )


Vie oisive
La missive lointaine tant et vainement attendue
 le retour chez moi si rêvé inutilement 
Seul réel est mon lit solitaire affrontant l’automne bien glacial
La pluie renforce ma solitude
Le clair de la lune accentue ma nostalgie

Toujours sur le chemin du voyage, l’auteur attendait la lettre de sa femme et rêvait de rentrer bientôt auprès d’elle, mais ce ne fut que illusoire, la pluie et la lune rendaient plus forte sa pensée pour sa femme...                                                                       (a suivre)

vendredi 6 mars 2020

LI SHANGYIN - LETTRÉ FIDELE A SON AMOUR - (2)

Passion à la nature
Notre lettré poète Li Shanghyin adorait passionnément flâner dans la nature : les historiens aiment raconter des anecdotes qui le concernent. Par exemple, un jour en plein hiver 848, après un dîner bien arrosé chez un ami poète, Li Shangyin quitta son ami et longea seul un sentier qui le conduisit au bord d’une rivière torrentielle. Par un faux pas il tomba dans l’eau glaciale : il se réveilla de l’ivresse et s’allongea dans les herbes jusqu’à l’aube lorsqu’un pêcheur matinal le trouva presque inanimé. Le pêcheur le couvrit de son manteau, frotta son corps pendant longtemps… Eveillé, Li se fâcha contre le pêcheur en lui lançant : « Pourquoi me fais-tu si mal sur tout mon corps ? » Le pêcheur lui adressa un sourire amer.
Li Shangyin est un poète qui chante la nature, parmi ses nombreux poèmes, deux me plaisent particulièrement :






  

  高阁客竟去      
小园花乱飞
  参差连曲陌      
迢递送斜晖

   肠断未忍扫      
眼穿仍欲稀
   芳心向春尽      
   所得是沾衣   

Les fleurs pleuvent

Les visiteurs ont quitté mon pavillon haut perché
Les pétales tourbillonnent dans la cour isolée
Ils se répandent sur les sinueuses allées
Et puis s’envolent très loin saluer le soleil décliné
Aux entrailles percées je n’ai pas le courage de les balayer
Mon regard fixé sur les branches 
qui continuent à se dénuder
Mon cœur sublime s’attriste avec le printemps 
qui s’achève
Je ne peux que mouiller ma robe de larmes discrètes

A travers ce petit poème, on sent parfaitement bien que ses larmes pour les fleurs qui s’en vont avec le printemps sont profondément sincères.


    

  向晚意不适     
驱车登古原
   夕阳无限好      
只是近黄昏.

Temple de Leyou

A l’approche du soir
Me sentant mélancolique
Je grimpe en char
Jusqu’au temple antique
Le soleil couchant est une splendeur indescriptible
Déjà règne le crépuscule

Notons que les deux derniers vers de ce poème sont devenus aujourd’hui une maxime populaire très répandue en Chine. On les cite pour exalter la profonde admiration  pour la splendeur des derniers temps de la vie de toute personne, mais c’est une admiration mêlée au regret pour la fin de la vie ( crépuscule de la vie )On peut trouver ce genre de regret dans beaucoup d’autres anciens poèmes chinois.


                                                                                                                                    ((à suivre)

    
(à suivre)

dimanche 1 mars 2020

LI SHANGYIN - LETTRÉ FIDELE A SON AMOUR (1)

     
Li Shangyin ( 813 – 858 ), né dans une famille pauvre, perdit à 3 ans son père. 
Elevé par sa mère, il menait une vie bien difficile sur tous les plans, mais studieux et tenace, il apprit bien la littérature de son époque et maîtrisa remarquablement la langue écrite. 
Très jeune il copiait des textes pour des lettrés de sa petite ville, ce qui lui permit d’apprendre la littérature et la calligraphie. 
Résultat : dès sa tendre jeunesse, il composait déjà des poèmes décrivant la nature et les sentiments humains. Ses œuvres calligraphiques étaient bien appréciées dans la capitale impériale Chang An.
 
"Li Shanyin lettre fidèle à son Amour"
 李商隐
      忠于爱情的文人
Petit fonctionnaire de la cour impériale
Avec l’aide de son initiateur poétique Linghu Chu (令狐楚) , Li Shangyin vint passer l’examen impérial dans la capitale, il échoua à plusieurs reprises, mais il y rencontradeux immenses figures de la poésie Bai Juyi et Du Mu (白居易、杜牧) qui allaient jouer un rôle important dans son évolution littéraire et dans sa vie tout court.
Sa ténacité porta un fruit réconfortant : en l’an 837, à 24 ans, il devint enfin lauréat  de l’examen impérial et fut nommé « lecteur des documents impériaux » (à peu près synonyme de documentaliste dans notre langue actuelle). Peu après il fut nommé préfet d’un petit district éloigné de la capitale. il démissionna de cette fonction deux mois après pour revenir au poste de « lecteur des documents impériaux » où il resta assez longtemps.
Li Shangyin aimait voyager un peu partout à travers l’immense Empire du Milieu, souvent avec un ou deux de ses amis poètes. Ses nombreuses  péripéties dans la nature étaient autant d’occasions propices à ses créations poétiques et calligraphiques. De nos jours, on peut lire encore plus de ses 1000 poèmes sur la nature.  
 (.... à suivre)