Vous trouverez sur ce blog, au fil des jours et des mois, les oeuvres réalisées par le Maitre Calligraphe Shi Bo, ainsi que les stages qu'il propose, ses livres numérotés et autres parutions, ses commentaires ....... Que la visite vous soit un enrichissement.
L'administratrice : Sérénité'art

lundi 9 décembre 2019

LETTRE DE COMMANDEMENT À MON FILS - ZHUGE LIANG - Grand lettré historique du 2e siècle de notre ère.

Fin novembre dernier, mon fils me demanda de calligraphier le célèbre « Commandements à mon fils » de Zhuge Liang, pour son cousin, me disant que ce serait un cadeau très significatif pour lui  qui dirige actuellement une entreprise de haute technologie à Pékin.

Je sais que son cousin (scientifique de haut niveau) s’intéresse depuis longtemps à la tradition culturelle chinoise ! 
Cela ne m’étonnerait pas qu’il accepte ma calligraphie de cette lettre de célèbre de Zhuge Liang. Ce document n'est-il pas considéré en Chine comme un texte "essentiel" de la pensée philosophique et de la bonne conduite des « hommes de bien ».

A l’origine, ce  fut une lettre adressée par le premier ministre de la Dynastie des Han, Zhuge Liang (181 – 234 - homme politique, stratège, poète et calligraphe) à son fils,  lequel observait strictement les commandements de son père. Il devint un homme important sur le plan culturel.

Cette lettre a eu et a encore une Grande influence sur les jeunes chinois qui veulent se former et se cultiver dans la tradition.  La voici :


诫子书
诸葛亮
夫君子之行,静以修身,俭以养德。非淡泊无以明志,非宁静无以致远。夫学须静也,才须学也,非学无以广才,非志无以成学。淫慢则不能励精,险躁则不能治性。年与时驰,意与日去,遂成枯落,多不接世,悲守穷庐,将复何及!
 Traduction :
 Commandements à mon fils
Pour avoir une remarquable moralité, l’homme de bien travaille à sa perfection dans la sérénité et cultive sa vertu dans la sobriété. 
Sans le détachement de la réputation et de la fortune, impossible d’acquérir une haute aspiration.
Sans la sérénité, impossible d’avoir une grande perspicacité. 
On ne peut étudier que dans la sérénité ; le talent ne se forme que dans l’étude. 
Sans étudier, on ne peut forger un immense talent ; de même que sans une haute aspiration, on ne réussira jamais dans l’ étude.
L’excès des plaisirs de la vie empêche de stimuler l’esprit ; l’irascibilité ne permet pas de cultiver le bon caractère.
Les années filent avec le temps ; la volonté s’efface avec le jour, tout comme les feuilles mortes qui tombent des branches desséchées, sans avoir contribué au monde.

Au crépuscule d’âge, blotti dans sa maison délabrée, on se lamente sur le passé, c’est trop tard !



dimanche 1 décembre 2019

MES EXERCICES CALLIGRAPHIQUES - 我的書法練習

J’apprends beaucoup auprès de mes amis calligraphes.
Récemment j’ai reçu Catherine B. D. Elle est venue avec deux vers taoïstes qui m’éclairent sur la vie des poètes et des taoïstes. 
Nous avons eu grand plaisir à travailler ces deux vers en kaishu et en caoshu ! 

狂来輕世界
醉里得真如


Après une discussion bien approfondie sur ces deux vers, et avec ma compréhension, j’ai essayé de les traduire en français :

« Dans la folie, je me moque totalement de ce monde
Avec l’ ivresse je comprends enfin la signification de la vie »

Durant plusieurs jours ils ne cessèrent de me revenir à 
l’esprit. 
Mes réflexions se concrétisèrent alors en deux courtes sentences :

明月素如水
我心致虛極
« La lune claire aussi limpide que l’eau"
"Mon cœur au plus profond du vide »

Une tasse de thé au jasmin lentement et  délicieusement sirotée, l’esprit se vide, je saisis mon pinceau qui se met tout de suite à danser  sur  le papier de riz. 
Euphorie et harmonie  garanties! 

jeudi 21 novembre 2019

CALLIGRAPHIE : GRANDS ET PETITS FORMATS

大字和小字
Calligraphie en grand et petit format
Profitant des vacances de Toussaint , j’ai été invité par mon fils à faire un retour dans mon pays natal  (Shanghaï—Suzhou-Hangzhou.). C’était un voyage nostalgique et très évocateur.

Un jour, nous avons visité à Suzhou la pagode sur la Colline du Tigre 虎丘塔et le Temple Hanshan 寒山寺。Pendant mon enfance et mon adolescence, jy allais souvent passer mes vacances avec mes grands-parents, je connais bien ces beaux sites pittoresques.
Mais pendant ce dernier voyage, un détail m’a beaucoup fait réfléchir : partout je vois des calligraphies gravées sur de grosses pierres, certaines immenses, certaines aux caractères minuscules. Cela me rappelle les exercices calligraphiques de mon enfance. 
J’ai passé beaucoup de temps à faire des dazi 大字练习 et des xiaozi 小字练习

Mes maîtres successifs insistaient tous sur la pratique de ces deux formes de caractères, me répétant que l’exercice en grands caractères aide à parfaire la force et la souplesse du poignet ainsi que la conception de l’espace alors que l’exercice en caractères minuscules favorise l’acquisition de la précision et de la sensation du battement du coeur du pinceau.
Par conséquent, chaque jour, j’avais une petite feuille où était imprimés 400 carrés et une grande feuille à 4 grands carrés à remplir.

小字练习

Au bout de quelques années de travail patient, j’arrivais déjà à maîtriser mon pinceau pour calligraphier en petits aussi bien qu’en grands caractères. Mon dernier maître, Monsieur Xiao était très content de moi, me disant que j’avais déjà un boulevard devant moi.
大字练习

Ce dernier voyage nostalgique m'a permis de réfléchir sur mon enseignement de la calligraphie à Paris : je pense souvent à mes amis-élèves français qui me témoignent leur enthousiasme pour la culture chinoise, surtout pour la calligraphie chinoise. 

Je me dois de les guider sur une bonne voie d'apprentissage, en essayant d’améliorer ma transmission calligraphique.

Quand j’essaie de parler de l’exercice calligraphique en petit et grand format, je dois dire que les réactions sont différentes et que l’indifférence l’emporte sur l’enthousiasme.
Un tiers de mes élèves se lancent dans cette aventure bénéfique : le résultat est encourageant. 
Je décide donc d’encourager les autres élèves à essayer les exercices  en petit et grand format !

Je suis sûr...
 qu’un nouvel avenir s’étend devant tous les amateurs de la calligraphie chinoise !

vendredi 1 novembre 2019

DIALOGUES CALLIGRAPHIQUES -7- (Suite)

Catherine V : Comment évaluez-vous le prix de vos œuvres calligraphiques ?

Shi Bo : Depuis ma jeunesse, j’en ai pas mal vendu. Quand j’étais au lycée à Shanghai, c’était toujours le galeriste qui fixait le prix. Je crois avoir été bien gâté par lui, car le prix qu’il donnait dépassait souvent ce que j’attendais.
Et puis je suis allé à l’université à Pékin. Pendant 5 ans, j’ai pu participer à une seule exposition : « Les 5 jeunes calligraphes shanghaïens à Kyoto ». Mes six œuvres présentées ont été toutes vendues, à prix très fort. Les Japonais aiment beaucoup la calligraphie.
Ensuite, les années de la Révolutions Culturelle de Mao m’ont privé de toute activité calligraphique jusqu’à mon départ pour la France. Pendant cette longue période, j’ai reçu de temps en temps des Shanghaïens et des Hongkongais, qui étaient mes anciens amateurs. Je leur vendais des œuvres à prix d'ami  ( 友情價 )


 ( 友情價 ).

Catherine V : Et en France, comment fixez-vous  le prix de vos œuvres ?

ShI Bo : Il faut dire que j’ai ma conception de la valeur des œuvres d’art. Selon moi, cette valeur n’existe que quand l’œuvre est vendue. J’ai beaucoup de créations calligraphiques dans mon « nid » parisien.  Tant qu’elles dorment tranquillement sur mes étagères, elles n’ont aucune valeur. Mais les fêtes de fin d’année vont arriver, je recevrai des acquéreurs qui voudront acheter ma calligraphie. En général, je leur vends mes œuvres à un prix préférentiel qui représente tout au plus la moitié du prix que j’estime.

Catherine V : Pourquoi seulement la moitié du prix réel ?

Shi Bo : En France, on ne connaît pas bien l’art de la calligraphie chinoise, encore moins sa valeur esthétique. Si je vendais au prix que je pratique en Chine et à Hong Kong, je ne trouverais aucun acquéreur. 

Catherine V : Je vous comprends parfaitement. 

Shi Bo : Pourtant je ne me sens pas frustré, car je pense toujours que la valeur de mes œuvres commence à exister quand la vente est réalisée : son prix, accepté par moi et l’acquéreur, est sa juste valeur.

Catherine V : Merci pour toute cette explication qui m’instruit beaucoup ( 獲益匪淺 ).

獲益匪淺













samedi 26 octobre 2019

DIALOGUES CALLIGRAPHIQUES - 7 -


艺术品的价值
A propos de la valeur
des œuvres calligraphiques chinoises



Dernièrement j’ai eu une conversation intéressante avec Catherine V sur la valeur en galerie des œuvres calligraphiques chinoises.

Catherine V : Récemment j’ai vu sur Internet une nouvelle notion : artiste côté. Qu’est-ce que cela veut dire selon vous ?

SHI Bo : Artiste coté ? En fait cela ne veut pas dire grand chose. Quand un commissaire priseur donne une estimation de la valeur d’ une œuvre, l’auteur de celle-ci est donc coté. 

Catherine V : Aussi simple que ça ! Mais sur quelle base ou selon quel critère
 ( 標準 ) le commissaire évalue-t-il la valeur des oeuvres calligraphiques ?
 
標準 
Shi Bo : Objectivement le critère est régi par le cours des œuvres sur les marchés d’art, mais le penchant personnel joue un rôle important dans l’évaluation. En Chine, si le commissaire aime un calligraphe, il a tendance à surévaluer ses créations dont le prix est par conséquent plus élevé.

Catherine V : Et selon vous qui êtes spécialiste de l’art de la calligraphie chinoise, quelle est la vraie valeur d’une œuvre calligraphique ?

Shi Bo : D’abord je voudrais vous parler de comment, en Chine, on évalue et donne le prix d’une œuvre calligraphique. De façon générale on procède des deux façons suivantes :
1. Pour les calligraphes nationalement connus, on vend leurs créations aux enchères, le prix est variable suivant l’enthousiasme des acheteurs présents dans la salle de vente. Il peut monter très haut. Mais avant la vente, le commissaire propose un prix de base aux enchères. Ce prix de base est calculé d’une part suivant la renommée de l’artiste et d’autre part suivant les centimètres carrés du tableau.
2. En ce qui concerne les œuvres des calligraphes peu connus, le commissaire évalue subjectivement leur valeur uniquement suivant la superficie (en centimètres carré平方厘米 ). Ce prix est en général bien modeste, car les calligraphes débutant à peine dans ce domaine, les acheteurs sont peu nombreux.


Catherine V : Cette façon de procéder est vraiment spécifique pour les Occidentaux. J’aimerais vous poser une question qui vous concerne.

Shi Bo : Je vous en prie.
(À suivre...)

jeudi 17 octobre 2019

DIALOGUE CALLIGRAPHIQUE 6 - PATIENCE ET EXCELLENCE - suite

... Jean G : L’excellence ?  C’est-à-dire la perfection.

Shi Bo : Oui, si tu veux. L’excellence veut dire que l’imitation de l’élève et le modèle du maître partagent la même respiration, en d’autres termes, le travail de l’élève présente la même allure, la même tendance, le même souffle que celui du maître. 
Cliquer sur les calligraphies pour les agrandir


La ressemblance graphique 形似) de limitation au modèle ne suffit plus, car elle nest que ressemblance technique, extérieure, superficielle. 

La même allure est en fait la ressemblance intérieure, sentimentale, spirituelle 神似 ) , donc  profonde et  très difficile à exprimer.

Jean G : Avez – vous des élèves qui peuvent atteindre cette même allure ?

Shi Bo : Je peux te dire que oui, avec fierté. Pour t’en convaincre, tu peux lire  :

« Passion à l’encre » et « Chemins calligraphiques ».

Jean G : Est-ce que tous vos élèves peuvent suivre votre cursus de l’excellence ?

Shi Bo : Oui, en principe. Je dis bien « en principe ». 

Jean G : C’est-à-dire ?

Shi Bo : Je m’explique : Pendant ma transmission de connaissance de la calligraphie chinoise, je constate que pas mal de gens viennent apprendre la calligraphie avec un planning limité, ils cherchent la vitesse, en désirant sauter certaines étapes. 
Ces élèves veulent généralement aller vite au bout du cursus sans trop de patience pour apprendre la maîtrise du pinceau 駕馭毛筆  ) et de lencre. 


Dans la pratique, ce désir daller vite se traduit dans des traits qui sont fréquemment fébriles et incomplets, car ils anticipent beaucoup trop le suivant, c’est-à-dire que quand ils tracent un trait, ils pensent déjà au trait suivant. Ainsi, ces traits sommairement tracés  sont-ils  incomplets.
Pire encore, plusieurs élèves pendant ces 20 dernières années m’ont demandé même d’arrêter au milieu d’un cursus pour se lancer dans le suivant !
Jean G : J’ai aussi ce défaut, j’anticipe souvent le trait suivant, mais je n’ai jamais envie de brûler les étapes.
Shi Bo : C’est pourquoi je te répète souvent : « patience », tes traits sont bien élégants et gracieux. 
J’espère que tu vas suivre ce stade de perfection sereinement  et avec patience dans ton pinceau… tout en cherchant l’excellence avec moi.
Jean G : Quel rythme est le mieux adapté  ?
Shi Bo : En général, deux séances ( 4 heures ) par mois sont appréciables et profitables. Tu as un métier bien prenant, mais tu as toujours pu venir deux fois par mois. Ton travail est bien constructif  et le résultat, grandement  réjouissant.
Jean G : Merci ! Vous êtes gentil ! Je veux bien m’engager dans ce cursus de l’excellence.

samedi 12 octobre 2019

DIALOGUE CALLIGRAPHIQUE 6 - PATIENCE ET EXCELLENCE

耐心与卓越
A la rentrée, début septembre, 
mon élève et ami Jean G. a commencé un de ses derniers cours du cursus   
« Poèmes et sentences en calligraphie style Herbe folle ». S’inquiétant pour ce qui suit ce niveau, il me posa un certain nombre de questions. Ainsi se déroula notre conversation :

Jean G : J’aimerais savoir si après ce cursus, il y a encore d’autres cours.

Shi Bo : En principe, « Poèmes et sentences en calligraphie style Herbe folle» est le dernier cursus du programme d’enseignement que je pratique depuis plus de 20 ans pour mes élèves en France. Au bout de celui-ci, l’élève a fait connaissance avec  le kaishu, le kaishu libre, le xingshu et  le caoshu, c’est  un parcours déjà assez long et complet. Mais si l’on veut, on peut toujours poursuivre ce chemin que tu as commencé il y a 14 ans.

Jean G : Sachant que je suis encore débutant sur ce long parcours, je veux bien continuer à venir suivre vos cours qui me plaisent énormément. Est-ce que vous avez encore un autre cursus ?

Shi Bo : Oui. Deux perspectives s’offrent à toi. Primo, je le répète souvent, tout calligraphe digne de ce nom doit connaître et  bien pratiquer le sigillaire qui est à l’origine de l’écriture et de la calligraphie chinoises. Tu as déjà fait plusieurs stages de sigillaire avec moi.

Jean G : Et secundo ? J’ai hâte de le savoir !

Shi Bo : Secundo, j’ai préparé un nouveau niveau pour plusieurs élèves qui m’ont suivi pendant plus de 15 ans , il est intitulé « Cours de l’excellence ». 

Jean G : Excellence ! Cela m’intéresse beaucoup, voudriez-vous m’expliquer un peu ?

Shi Bo : Volontiers ! Comme tu le sais, mon enseignement de calligraphie se caractérise par la recherche de la perfection, de l’excellence. La banalité ou l’à-peu-près du niveau artistique de mes élèves ne sont pas permis dans mon enseignement, je vise plus haut, je cherche la perfection, l’excellence du niveau calligraphique de mes élèves. 

Jean G : Exactement ! Pendant 14 ans je sens que votre enseignement fut très sérieux, pratique et scientifique. Vous n’avez jamais livré des démonstrations théâtrales, vos cours ont toujours été rigoureux et très techniques. 

Shi Bo : Le nouveau cursus  « Cours de l’excellence » me permet de réaliser ce but - l’excellence- . Mon livre « Passion à l’encre » que j’ai publié avec Elisabeth Bourgeas  en est une preuve éclatante. Ce livre est chaleureusement apprécié en Chine par mes anciens collègues calligraphes.

Jean G : Voudriez-vous en parler un peu  ?   
Shi Bo : Bien sûr. Pour aller plus loin dans la maîtrise du pinceau et de l’encre et pour connaître mieux l’âme de la culture chinoise, j’ai rédigé moi-même 50 sujets (pour 50 cours) sous forme de sentences et de vers poétiques. En d’autres termes, chaque sujet est composé de deux phrases courtes, avec 5, 7 ou 9 caractères. A chaque séance de deux heures de travail, on ne fait que 10 à 15 mots.

Jean G : Seulement ! Mais vous avez raison : on pourra minutieusement travailler tous les détails.

Shi Bo : Exactement.  Chaque détail compte, chaque trait importe, l’élève imite le modèle trait par trait jusqu’au moindre méandre du mot et du vers poétique. Pendant ce cursus, on ne cherche pas la vitesse, mais la finition. En un mot, on vise l’excellence :  卓越  !


 (.... À SUIVRE)

dimanche 29 septembre 2019

AU GRÉ DU PINCEAU - 1


Il y a quelques années.....
         j’ai signé un contrat avec un éditeur pour écrire et publier un livre sur l’apprentissage de la calligraphie chinoise. Prêt au bout d’un an de travail, le manuscrit n’a pu voir le jour, l’éditeur ayant disparu, absorbé par une grande maison d’édition.
    Depuis, je laisse mon manuscrit dormir tranquillement dans mon ordinateur. Ces derniers temps, je reçois des demandes de conseil pour mieux apprendre la calligraphie chinoise, et cela me donne l’idée de 
« réveiller » mon texte sur ce sujet. Réflexion faite, je décide donc de profiter de mon blog pour en publier certains chapitres au fur et à mesure.
Voici des extraits de ce livre intitulé « Au gré du pinceau » :



SHI  BO

随筆翩翩
AU GRE DU PINCEAU
( Comprendre et apprendre la calligraphie chinoise )


1
Avant-propos


     La pensée taoïste est basée sur un principe fondamental selon lequel notre univers existe grâce à la parfaite harmonie entre le yang et le yin.
     Le taoïsme prône que l’est d’où monte le soleil est rempli du yang ; il doit, pour être équilibré, y avoir nécessairement autant de yin ; ce yin est constitué, dans la terminologie chinoise, par les Quatre Mers qui bordent l’est de l’Empire du Milieu. C’est pourquoi dans la philosophie chinoise l’eau est le symbole du yin.
      Le taoïsme nous enseigne que l’ouest où descend notre soleil est plein de yin qui doit être équilibré par autant de yang. Toujours dans l’esprit chinois ce yang n’est autre que les hautes montagnes himalayennes bordant l’ouest de l’empire.
       Dès lors dans la mentalité chinoise, l’eau équivaut au yin et la montagne, au yang.
     L’immense territoire chinois est bordé à l’est par un équilibre entre le lever du soleil (yang) et les étendues infinies d’eau ( yin) et est nourri à l’ouest par un équilibre entre le coucher du soleil (yin) et les hautes montagnes (yang).
    Ce qui est encore plus étonnant, c’est que cette étendue infinie du territoire mythique s’incline de l’ouest vers l’est et est arrosée par deux grands cours d’eau tout aussi mythiques : le fleuve Jaune au nord et le fleuve Bleu au sud. Ces deux Fleuves-Mère (母亲河 les Chinois les vénèrent ainsi) tirent tous deux leur source au fin fond du haut plateau tibétain et constituent les deux grands berceaux de la civilisation chinoise. Ils garantissent le parfait équilibre du grand cycle du yin-yang , établissant en fait un lien important entre les montagnes de l’ouest et les Quatre Mers de l’est. 
      Ce qui nous étonne ne s’arrête pas là, cet immense territoire est solidement fixé sur notre Terre, au centre et aux quatre points cardinaux,  par Cinq Monts sacrés, ce qui a favorisé la conscience et le développement d’une pensée de l’Espace chez les anciens Chinois. Ils valorisent donc plutôt l’Espace qu’ils divisent, au détriment d’une pensée du Temps, en deux parties : le yin et le yang, qui sont partout en équilibre. D’où la notion de symétrie et la notion de dualité.
La théorie de la symétrie et celle de la dualité ont eu une influence primordiale dans la création des caractères chinois et notamment dans l’art calligraphique. En effet, la plupart des caractères chinois sont composés de deux parties, symétriquement disposées à gauche et à droite d’un axe. Tous ceux qui apprennent la calligraphie chinoise savent que l’axe du caractère est le garant de la beauté esthétique de cet art graphique et que le moindre écart par rapport à cet axe détruit l’équilibre de l’oeuvre, par conséquent son esthétique.
Les Chinois pensent aussi que tout espace est animé des Souffles Originels ,
元气 )

 autrement dit des Souffles Suprêmes qui permettent, selon tout taoïste, de remonter à lorigine du Vide Originel... 
元虚 ) 
à savoir lEspace Originel doù sont nées toutes les choses réelles, dit Lao Zi, auteur du fameux livre : Dao De Jing 
(道德经


...et père du taoïsme.
Animés de cette perception fondamentale de l’univers, les calligraphes chinois considèrent que chaque caractère calligraphié constitue un espace relié à l’Espace Originel ; par conséquent, chaque calligraphie doit avoir une vie liée aux Souffles Suprêmes. Ils cherchent donc inlassablement à insuffler à leur création, à travers diverses techniques du pinceau imbibé d’encre, des souffles esthétiques. 
Comme les Souffles Suprêmes sont infiniment sublimes et totalement harmonieux, la calligraphie est un chemin de perfection artistique  inlassable et inépuisable. 
Telle est ma devise qui me guide depuis plus de soixante ans et qui me pousse toujours vers de nouveaux horizons esthétiques
                        Shi Bo
Printemps 2010
 année du tigre
Relu août 2019
Année du cochon
Paris

jeudi 12 septembre 2019

J'AIME L'AUTOMNE

我爱秋天
J’AIME L’AUTOMNE

Le 13 septembre, vendredi, c’est le 15e jour du 8e mois de l’année lunaire chinoise ; c’est donc la Fête de la Lune des Chinois qui marque  le changement dans la nature,  du yang au yin. 
Le Taoïsme définit que les dix mille choses, de l’immense univers aux minuscules insectes en passant par notre corps humain, sont gérées par l’harmonie entre le yang et le yin. Prenons pour exemple notre corps, sa santé dépend du degré de l’harmonie yang – yin.
Dans la nature, le printemps démarre la montée du yang qui atteint sa plénitude en été, c’est la période du yang dans la nature (la pleine chaleur et l’abondance des fruits et des céréales à récolter).
L’Automne marque la fin de cette plénitude du yang et le commencement du yin (la fraîcheur de l’atmosphère, le jaunissement des fleurs et des feuilles d’arbre) .
Voilà pourquoi l’automne, saison de grand changement de l’aspect et des couleurs de la nature, provoque depuis toujours de grandes émotions chez nos poètes et ermites qui se livrent au jeu des mots pour exprimer le bouillonnement de leurs sentiments : tristesse, mélancolie, émotion, ivresse, espéranceIls nous ont laissé tant d’œuvres artistiques d’excellence : peintures shanshui et poèmes shanshui.
Cette année, au jour de cette Fête de l’automne, j’ai choisi et traduit 10 anciens poèmes pour éditer des cahiers impériaux, illustrés avec mes calligraphies originales.
Souscription à ce livre dès maintenant :
秋 颂

Ode à
L’automne

Traduit en français par
SHI Bo
Exemplaire N°    sur 10

Académie chinoise de Paris